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Voix ultimes

 Dans les récentes publications des Éditions Arfuyen, deux voix nous parviennent comme de l’au-delà : celle de l’Italienne Margherita Guidacci, déjà présente chez le même éditeur avec notamment Neurosuite et Sibylles, et la Brésilienne Maria Ângela Alvim, dont l’ensemble des poèmes, à quelques exceptions près, est ici regroupé sous le titre Poèmes d’août.
 « Comme de l’au-delà », avons-nous dit : si ces deux poétesses sont en effet aujourd’hui décédées, ce qui ajoute à ce sentiment, c’est aussi la matière même de leur inspiration qui donne cette impression tant les images éthérées d’Alvim comme le long requiem de Guidacci nous emmènent dans les parages de la mort méditer sur la fragilité du genre humain. (…)
 Cette mort indésirable, la Brésilienne Maria Ângela Alvim ne l’a pas rencontrée mais a choisi la sienne, comme pour rompre enfin avec la force de ses propres dons. La maladie y contribua, et cette femme née en 1926 achèvera ses jours en 1959. Un seul livre sera publié de son vivant : Superficie (1950), traduit ici aux côtés des inédits découverts depuis sa mort. Intense, dense, là aussi violente mais ne rejoignant pas l’Histoire dans le champ infini de ses méditations, la poésie d’Alvim tente dans son vertige de rejoindre notre monde de vivants d’où l’essentiel semble exclu : « Bleu de paupière. / Chant de coqs. Violet de stigmate. / Silence de grotte. / Horizons d’absence. / Ce monde n’est pas le mien. » L’ensemble culmine avec les Poèmes d’août comme si la folie était enfin révélée et pouvait délivrer en un rythme soutenu et étourdissant toutes ses images : « (...) Me laisser pendant / qu’existe un consentement occulte. / Je croirai avoir dévécu / dans une limite-lucidité / là et, néanmoins, ici. »