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Une petite voie toute nouvelle

Le titre de Docteur de l’Église, donné à la Thérèse de Lisieux en 1997 par le pape Jean-Paul II, aurait sans doute paru bien pompeux à la jeune Carmélite. N’avait-elle pas fait sa devise de la parole de Jésus sur les sages et les habiles auxquels les choses du Royaume restent cachées, quand elles sont révélées aux tout-petits ? Souhaitons donc que ce titre, au lieu de devenir un monumental tombeau, garde sa fraîcheur paradoxale et son ironie.

Le livre du P. Sterckx, ancien Provincial dans l’ordre des Carmes, nous ramène à l’essentiel en publiant ce joyau du message de Thérèse qu’est sa correspondance avec Marie du Sacré-Cœur, sa sœur aînée et marraine. Celle-ci lui ayant demandé de lui transmettre les « secrets de Jésus » sur la « grappe dorée » des trésors divins, Thérèse répond par un texte embrasé, adressé à Jésus lui-même, où s’épanche un amour jubilant pour son Bien-aimé.

Tous les thèmes spirituels de la jeune mystique se trouvent condensés dans ces pages : la « science d’amour » qu’on n’acquiert pas dans les livres (et qu’importe, par exemple, si la note 19, p. 70, manque ?) ; la faiblesse bénie qui, loin de nous éloigner de Dieu, nous rapproche de Lui ; l’aspiration à « être tout » – y compris prêtre et Docteur ! – et la décision finale d’être « amour au cœur de l’Église ». Les images fusent : celle du « petit oiseau sans forces et sans ailes », fasciné par l’Aigle adoré ; celle de l’enfant qui chante, presque insolemment, devant le Trône, et n’a d’autre moyen de prouver son amour que de « jeter des fleurs »...

Un commentaire d’une soixantaine de pages fait suite aux lettres, datées de septembre 1896. Il les éclaire d’un point de vue biographique, mais n’ajoute rien à la force spirituelle du texte, qui parle de lui-même. Comme la petite Thérèse peut se passer de titres, la petite voie se passe de longs discours.