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Un trésor du patrimoine alsacien

Noctuel (Benjamin Subac à l’état civil) a converti en français les contes en dialecte de Gustave Stoskopf. Un hommage remarquable à l’auteur alsacien qui valut à Noctuel le Prix du Patrimoine Nathan Katz 2009.

C’est en expert aujourd’hui âgé de 86 ans – il fit une belle carrière d’humoriste à Radio Strasbourg – que Noctuel restitue la fantaisie de Gustave Stoskopf. À travers ce monumental travail de traduction, on découvre l’art du conte de Gustave Stoskopf qui se nourrit du terroir, entre pays de Brumath et pays de Hanau, dans l’Alsace de jadis. Noctuel l’affirme, « son ouvrage Üs minere kneckeszytt (Quand j’étais gosse) écrit en 1923 est un bouquin épatant dont les histoires pleines de bonne humeur feraient même se tordre de rire un saule pleureur. C’est bien pourquoi je l’ai traduit. » « Sin Üs minere kneckeszytt (1923) isch e gfitztes Bùech mit lùter gelungene G’schichtle. Sogar e Trùrwied tàt sich debie krank lâche ! Desweje haw isch’s jo iwwersetzt ! »

Ce talent de Gustave Stoskopf, Noctuel l’apparente à la sensibilité populaire d’un Alphonse Daudet, Guy de Maupassant ou Marcel Pagnol, nous rappelant ainsi que le dramaturge, peintre et homme de médias fut aussi un grand conteur. Ses récits s’offrent aujourd’hui une nouvelle jeunesse. On y découvre avec ravissement le « bon » vieux temps peuplé de personnages savoureux : Natz le barbier, Meuische le Malin, Schteiwele, de Baekejackel, Frommel d’Ingwiller, héros de scènes cocasses.

Cette mise en lumière de l’œuvre de Stoskopf, qui la rend accessible à un public non dialectophone, a valu à Noctuel le Prix du Patrimoine Nathan Katz. Un titre remis dans le cadre des Rencontres européennes de littérature de Strasbourg lancées en 2005. L’événement souligne le rôle stimulant de l’Alsace dans la création littéraire européenne. Surtout, il favorise la rencontre des textes d’hier et d’aujourd’hui et donne une nouvelle vie aux trésors du patrimoine écrit alsacien dans leur extraordinaire diversité. Diversité des genres, diversité des langues où s’entrecroisent le français, les dialectes alémanique, francique ou yiddish et évidemment les différentes formes de l’allemand.

Gérard Pfister, directeur des Éditions Arfuyen-Orbey, qui a publié l’ouvrage de Noctuel, est à l’origine de ce mouvement d’idées. « Nous remettons en fait trois Prix qui témoignent de cet enracinement et de cette ouverture européenne, précise Gérard Pfister  : le Prix européen de littérature, le Prix de littérature francophone Jean Arp et bien sûr le Prix du patrimoine Nathan Katz. Trois Prix complémentaires qui ont un sens l’un avec l’autre. » Et la preuve intangible de l’extrême richesse culturelle de l’Alsace, loin des clichés et des figures stéréotypées.