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Un photographe en voix off

 Quand il est arrivé dans la salle Albert-Mollat, hier en fin d’après-midi, son Leica noir en bandoulière, Raymond Depardon n’a pas attendu plus de trois minutes avant de prendre une photographie. Réflexe professionnel, car, s’il n’est plus talonné par l’actualité chaude, Depardon n’en reste pas moins un homme d’image. Il doit d’ailleurs livrer dans quelques jours une commande pour les Télécom, "alors on ne sait jamais, il y a une si belle lumière à
Bordeaux en cette mi-septembre".
 Puis Raymond Depardon a rengainé son appareil photo pour prendre place au micro. Comment un homme d’image allait-il captiver le public réuni à l’invitation de la librairie Mollat par la seule magie du verbe ? Mission accomplie sans aucun problème. Raymond Depardon a, comme on dit, du répondant. Avec son appareil, il a "couvert" les grands événements du monde, participant même au dénouement de la fameuse "affaire Claustre", en 1976. Comme cinéaste, il donne régulièrement des "documentaires" percutants sur ses confrères ("Reporters"), sur le "degré zéro" de la vie quotidienne (Faits divers), ou sur les rejetés de notre société (San Clemente).
 Et Depardon est aussi l’inventeur d’un type nouveau de livre de photo, où s’ajoute à l’image la "voix off " du photographe. Une conception nouvelle, mais passionnante, qu’illustre parfaitement son ouvrage Hivers (éditions Arfuyen), qu’il présentait hier à Bordeaux.