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Un masque de neige

 Né à Saint Dié, dans une famille juive, Yvan Goll fit ses études en langue allemande au Lycée de Metz ; et c’est en allemand que paraîtra en 1912 son premier recueil de poèmes.
Pour fuir la guerre, il se réfugie à Zurich où Dada s’apprêtait paisiblement à révolutionner une partie de la jeunesse d’alors.
 Comme ses amis zurichois, il quittera cette petite ville suisse pour venir vivre à Paris où il jouera un rôle important dans la mise au point de la pensée surréaliste. Déchu, en 1933, de sa nationalité allemande, Yvan Goll publie plusieurs ouvrages tous écrits en français.
 C’est pourtant en allemand qu’il rédigera, à l’hôpi¬tal de Strasbourg, peu avant sa mort, L’Herbe du songe. Il y voyait « le philtre d’une nouvelle naissance ». Tout au long de ces poèmes, d’une étonnante pureté, passe « le cri de l’homme issu du corps obscur », qui n’attend d’autre secours que celui des étoiles et se bat seul au milieu de ce qu’Yvan Goll appela « les hauts-fourneaux de la douleur ». Ceux qu’il nous faut sans doute connaître – comme une mystérieuse marche sous un « masque de neige », neige hâtive qui devient le masque de sa propre mort.