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Un livre, une voix : Yvan Goll, Claude Vigée

 Autrefois très vivante, la tradition de la lecture s’est un peu éteinte. En France du moins. Il paraît que tout récemment, à la foire du livre de Bruxelles, des centaines de personnes ont passé une nuit entière à écouter des poètes et comédiens déclamer, réciter des textes célèbres ou peu connus. En Alsace, voilà bientôt deux ans, la lecture avait remporté un succès chaleureux lors de la première biennale du livre franco-allemand à Schiltigheim. Plus récemment, « Transit », lieu d’expression place d’Austerlitz à Strasbourg a connu de ces instants particuliers où un auteur, voire un traducteur ou un ami, lit des extraits, des poèmes.
 Aux Dernières Nouvelles d’Alsace, en novembre dernier, une soirée avait permis d’accueillir entre autres Eugène Guillevic, géant de la poésie française, autour des textes de Nathan Katz.
Cette initiative était celle des éditions Arfuyen qui s’attachent, dans une collection appelée tout sobrement « Alsace », à remettre à portée des lecteurs des textes classiques injustement tombés dans l’oubli.
 Créées par de jeunes poètes, dont Gérard Pfister qui a ses racines à Colmar, ces éditions échappent un peu à la définition habituelle du genre dans la mesure où leur exigence de qualité littéraire et esthétique est leur seul critère. C’est ainsi que leur choix s’est porté sur des textes, en édition bilingue, de Arp, Tauler, Stadler, et qu’un admirable Retable d’Issenheim dû à la plume de Margherita Guidacci, poétesse contemporaine italienne cerne au plus près, au plus profond, le mystère de Grunewald, dans une langue riche et lumineuse.
 L’herbe du songe, dernier recueil dYvan Goll, alors hospitalisée à Strasbourg, condamné par la cruauté d’une leucémie, a été traduit par Claude Vigée. Hanté par le pressentiment de sa mort toute proche, Yvan Goll met à profit le temps qui lui reste – 1949-début 1950 – pour fixer sur le papier des visions fulgurantes, des signes douloureux. Un désespoir à nu court à fleur des mots. 
 Claude Vigée sera à Strasbourg le 30 mars prochain, à 20 h, à l’auditorium du CIAL au Wacken pour prêter sa voix à ces poèmes qu’il connaît parfaitement au cours d’une soirée-lecture également animée par Aimée Bleikasten qui s’inscrit dans le projet Alsace d’Arfuyen.