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Un chemin vers la Joie

La traduction d’Angelus Silesius par Roger Munier surclasse toutes les autres. Mais elle est partielle, à la différence de celles de H. Plard, E. Susini, N. Renouard, dont la réussite poétique est moindre. Gérard Pfister, jugeant que le choix de Munier revêtait un caractère plus philosophique et littéraire, a voulu offrir un florilège complémentaire plus théologique et spirituel. Aussi le fait-il précéder d’une introduction mettant en évidence le phylum mystique auquel Le Pèlerin chérubinique se rattache : Tauler, Ruysbroeck, mais également Eckhart et Boehme, dont Johannes Scheffler se garde bien de mentionner la paternité.

De même, l’éditeur ne donne pas les distiques dans l’ordre des six livres, mais selon un plan systématique destiné à faire découvrir le chemin que l’auteur invite à parcourir : entre un « Prologue » et un « Épilogue », on découvre « La naissance par l’Esprit », « La vie dans le Christ », et « L’union avec Dieu » qui est le terme de l’itinéraire selon les Rhénans. La traduction est parlante et précise ; comment pourrait-elle retrouver le ton propre à Scheffler et inséparable de sa langue ?