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Cécile A.  HOLDBAN

Toucher terre

SORTIE EN LIBRAIRIE LE 4 OCTOBRE 2018

Collection « Les Cahiers d'Arfuyen »
n° N° 238, 120 pages, ISBN 978-2-845-902745-6

14 €

Le premier livre de Cécile A. Holdban publié par Arfuyen en 2016 imposait d’emblée une voix poétique nouvelle et évidente, que le Prix Yvan Goll a immédiatement reconnue. D’origine hongroise, familière des grandes figures de la littérature anglo-saxonne comme Katherine Mansfield et Virginia Woolf, Cécile A. Holdban aime à introduire dans ses recueils les voix des auteurs qu’elle traduit ou qu’elle aime (de János Pilinszky à Alejandra Pizarnik).

Ce nouveau recueil impose avec une sûreté et une délicatesse infinie un monde troublant et magnifique, peuplé d’obscures menaces et de grâces envoûtantes. Une voix simple et nue, venue d’on ne sait quel pays proche et lointain et qu’on ne peut oublier.

Il est rare, écrivions-nous en 2016, lorsque nous avons publié Poèmes d’après d’être saisi par la simple évidence d’une écriture. Ce nouveau livre de Cécile A. Holdban s’articule en 4 parties bien distinctes qui déterminent comme un itinéraire : « Labyrinthe », « Demeure », « Voix » et « Toucher terre ».

Lisons le tout premier poème de « Labyrinthe » : « Dans les livres / on dit qu’il faut libérer la parole / mais si j’ouvre ma bouche / n’en tombent que les corps / d’oisillons livides / trop tôt sortis du nid ». Voici celui de « Demeure » : « Aimer ce qui se délie / jusque dans sa chute » et celui de « Voix » : « Écoutez-nous : quelle étrange poésie nous habite, créatures d’os et de cris ! / Notre rivage est planté sur le monde, une tente de veilleur / sur le flux et le reflux du monde, ventre abritant le désir. »

Tout un monde d’herbes et d’oiseaux, d’abeilles et d’arbres. Solennel et familier à la fois. Jusqu’au dernier et admirable poème de « Toucher terre » : « Toucher terre lentement, à l’abri des sous-bois, / des cyclamens mauves, des lianes de ronces / les flammes des bruants voletant / entre l’ombre des haies / simplement toucher terre, / jusqu’à suivre, l’œil délivré dans les brins, / la lumière, le ruisseau clair, l’ambre, / jusqu’à la chute rousse du soleil. »