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Sur la naissance de Dieu dans l’âme

Comme l’indique Marie-Anne Vannier dans sa préface, « avec l’identification des Sermons 101 à 104, les études eckhartiennes connaissent un tournant  », c’est désormais le cœur même de l’œuvre d’Eckhart qui nous devient accessible » (p. 7). Prêchés à l’occasion des fêtes de Noël, ces sermons nous situent devant la réalité centrale de notre expérience spirituelle : la filiation divine telle qu’elle est annoncée dans le Prologue de Jean.

C’est maintenant en nous, dans le fond le plus pur et le plus noble de notre âme, que le Verbe veut naître. Cette naissance mystique, tout intérieure, est ensuite appelée à refluer en tout notre être : « Par cette naissance Dieu se répand dans l’âme avec sa lumière, qui grandit tellement dans l’essence et le fond de l’âme qu’elle s’élance et déborde dans les puissances et dans l’homme extérieur » (p. 70).

Ces sermons, dans l’agréable traduction de Gérard Pfister, peuvent constituer une excellente introduction à la mystique d’Eckhart pour ceux qui ne l’auraient pas encore approchée tant la pédagogie du Maître rhénan lui permet de rendre compte de son expérience de manière simple et dépouillée. Le propos présenté sous forme de dialogues (questions des disciples et réponses du Prédicateur) nous conduit à pas mesurés jusqu’à ce détachement intérieur, cette passivité mystique qui laisse le Seigneur agir en l’âme de ses enfants.