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Gustave STOSKOPF

(1869 - 1944)

 Gustave Stoskopf est né à Brumath en 1869 d’une famille de tanneurs. Son frère cadet Charles fut très jeune atteint d’une grave maladie et mourut en 1893.
 Frappés par la précocité du talent de peintre de leur fils, les parents du jeune Gustave, imaginant le voir reprendre la tannerie familiale, s’opposèrent tout d’abord à cette vocation. Ils acceptèrent cependant qu’il suive les cours de l’Académie Julian, puis de l’Académie Royale de Munich.
 À la fin de 1894, Stoskopf revient à Strasbourg et fait la connaissance de jeunes artistes, comme Charles Spindler et Léon Hornecker. Ils font leur lieu de rendez-vous de la Mehlkischt, ancienne boulangerie devenue caveau à vins qu’ils transforment en cabaret. En 1898 est donnée la première représentation de D’r Herr Maire (Monsieur le Maire), satire du petit monde de politique municipale qui remporte un succès considérable et sera représentée à Paris en 1904.
 Stoskopf joue un rôle essentiel dans le renouveau de l’Alsace, notamment dans le domaine de la presse. Après avoir cessé d’écrire pour le théâtre, Stoskopf renoue avec son métier de peintre et publie ses recueils de contes : D’musikantemueter en 1910 et Üs minere Kneckeszitt en 1923. 
En 1939, il lui faut vivre l’évacuation.
 Au bout d’un an il est de retour de retour à Brumath De sa chambre à l’hôpital de la Grafenbourg, à Brumath, il aura le temps de voir les batteries d’artillerie installées dans le parc et les obus qui tombent tout près. Le 6 décembre 1944, il meurt à l’hôpital civil de Brumath sans avoir vu la libération de l’Alsace.
 Son œuvre a été distinguée par le Prix du Patrimoine Nathan Katz en novembre 2008, Prix qui a donné lieu à un hommage à Strasbourg dans le cadre des 4° Rencontres Européennes de Littérature en mars 2009.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Quand j’étais gosse

REVUE DE PRESSE

Nostalgie
Le Messager (05/10/2009) par Jean Leininger

 Noctuel a repris et retravaillé les traductions des petites histoires alsaciennes de Gustave Stoskopf qu’il avait faites dans les années 60 pour l’ORTF. Il nous les restitue dans une langue truffée d’alsacianismes qui fleure bon le parler du temps où, après la période du Reichsland, l’Alsace redécouvrait le français, les souvenirs d’enfance de l’auteur du Herr Maire.
 C’est avec plaisir qu’on y retrouve les personnages pittoresques de la campagne et des peti-tes villes alsaciennes du tournant du XX° siècle, tels Meuïsche, représentant le monde judéo-alsacien, ou la Müsikantemueter des fêtes foraines, Jakob, le cordonnier et Natz, le barbier. Une lecture à la fois instructive et amusante pour tous ceux qui ont envie de découvrir ou de redécouvrir une réalité aujourd’hui disparue de notre région.

Le Stoskopf de Noctuel
DNA (31/12/1999) par Antoine Wicker

 Lauréat du Prix du Patrimoine Nathan Katz attribué par l’Association Capitale Européenne des Littératures, Noctuel a été, avec Gustave Stoskopf, fêté joyeusement à Strasbourg.
 C’est à l’occasion de la publication, par les Éditions Arfuyen, de Quand j’étais gosse et autres petites histoires alsaciennes (Üs minere Kneckeszitt) de Gustave Stoskopf, dans une traduction française de Benjamin Subac, alias Noctuel – et c’est une nouvelle excellente idée des réseaux d’écrivains et universitaires fédérés autour de ces prix littéraires par Gérard Pfister.
 Stoskopf aux palmarès des Prix du Patrimoine apparaît désormais entre René Schickelé, qui sera distingué l’an prochain, et Jean Geiler de Kaysersberg, célébré l’an dernier, après Alfred Kern déjà, les frères Matthis, Jean Hans Arp : la liste parle d’elle-même, et il n’y a pas plus fine manière – elle s’enrichira au fil du temps – de convoquer ici nos patrimoines littéraires et poétiques.
 Hommage donc à Stoskopf, dont l’œuvre picturale et dramatique dialectale – on songe à son Herr Maire –, et politique – nul n’oublie le rôle qu’il joua dans la création du Salon d’art de la Revue alsacienne illustrée, du Musée alsacien, de la Société du Vieux Strasbourg, du Journal d’Alsace-Lorraine, etc. –, nous est assez bien connue.
 On découvre ici son art du conte, nourri à tous ses autres talents et merveilleusement incarné entre pays de Brumath et pays de Hanau dans l’Alsace des naissantes années 1900 – son traducteur l’apparente à juste titre à l’élégante et populaire sensibilité d’un Daudet, d’un Maupassant, d’un Pagnol.
 Ledit traducteur, Noctuel donc, consacra aux récits, contes et nouvelles de Stoskopf de longues décennies de patiente et affectueuse étude ; et c’est en expert – il fit belle carrière d’humoriste aux DNA et à Radio Strasbourg – que l’écrivain et traducteur sert aujourd’hui, à 86 ans, l’originale fantaisie de Stoskopf, qu’entre vivant colloque et solennelle en même temps que divertissante remise de prix saluèrent aussi François Pétry, Nicolas Stoskopf, Roger Siffer et Cathy Bernecker. Que salua Adrien Zeller enfin – le Conseil régional par le truchement de son Office pour la Langue et la Culture d’Alsace parraine ce Prix du Patrimoine.

Gustave Stoskopf, Prix du Patrimoine Nathan Katz
Les Affiches-Le Moniteur (31/12/1999) par Christine Muller

 C’est avec son dynamisme habituel et sans notes que M. Adrien Zeller a remis le Prix du Patrimoine Nathan Katz le 14 mars dernier sous les lustres monumentaux de l’Hôtel de Ville sur la place Broglie à Strasbourg. Le Président du Conseil Régional rappelle que Strasbourg, capitale de l’Europe est idéalement configurée pour promouvoir aussi la littérature transfrontalière et mettre ainsi en valeur les langues et leur fécondité. Gustave Stoskopf, l’heureux lauréat, nous a hélas quittés depuis longtemps, ce qui n’ a pas empêché M. Zeller de rappeler que le dramaturge, peintre et homme de médias fut aussi un grand conteur.
 Les contes de Gustave Stoskopf, Quand j’étais gosse et autres histoires alsaciennes s’offrent aujourd’hui une nouvelle jeunesse grâce à la traduction de l’alsacien de Noctuel – alias Benjamin Subac – à qui a été décerné le Prix du Patrimoine.
 Très ému, le récipiendaire de tant d’honneurs – il avoue n’en avoir jamais connu de tels, lui qui venait de fêter ses 86 printemps ! – pétille de verve dans une assemblée habituée à des discours plus consensuels. Ainsi prédit-il un grand avenir à cette traduction puisqu’elle est d’ores et déjà « un best Zeller » ! Après avoir évoqué ce que représentait pour lui l’Hôtel de Ville – il s’y est marié il y a 60 ans ! – et son œuvre de traduction, il suggère finement « de franchir la dernière ligne droite (du discours), à deux foulées du buffet ». Non sans rendre aussi hommage au partenariat avec l’éditeur
Gérard Pfister « bien qu ’il soit délicat d’évoquer le mot tandem à l’Hôtel de Ville », s’amuse Noctuel. Car il va sans dire, conclut le traducteur, « qu ’un auteur sans éditeur est tout au plus un spermatozoïde ».

« Quand j’étais gosse » : une cure de jouvence
Échos Unir (06/01/2009) par Louis Bloch

 Cela tient de La guerre des boutons de Louis Pergaud, des romans champêtres de George Sand, des contes de Erckmann-Chatrian et, surtout, constitue un élixir tonifiant que l’on avale d’une traite : Quand j’étais gosse de Gustave Stoskopf traduit de l’alsacien par Noctuel alias Benjamin Subac (Arfuyen, Paris). Rarement un auteur et son traducteur ont fait état dans leur œuvre d’une telle complicité. Cependant Noctuel reconnaît avoir commis deux infidélités au texte de Stoskopf, notamment d’avoir aéré « de trop longs paragraphes en y multipliant les alinéas ». Et d’ajouter : « Mais aller à la ligne est-ce vraiment pécher ? »
 Défile alors à travers de savoureuses historiettes tout un échantillonnage de la population ayant vécu dans un coin de l’Alsace au XIX° ou au XX° siècle. Paysans, artisans, commerçants, édiles, fonctionnaires, musiciens, qu’ils soient chrétiens, juifs ou incroyants tout ce petit monde se côtoie, se connaît, qu’ils viennent d’un gros bourg ou d’un petit village. En les croquant d’une plume alerte et malicieuse Gustave Stoskopf leur a donné une dimension universelle et rendus vivants à jamais. Tel le portrait de « Meuïsche le malin ».
 Meuïsche, forme alsacienne de Mosché, se vit confier par le juge de paix de Brumath une mission de confiance. S’étant fait confectionner une paire de bottes le magistrat constata qu’elles ne lui allaient pas. Que faire ? Retourner chez le cordonnier ? Certainement pas. Il fit appel à Meuïsche, petit marchand juif, pour qu’il trouve un acquéreur de ses bottes. Mais le juge se montra méfiant. Il ne lui remit qu’une botte et l’invita à chercher la seconde quand il aura trouvé un amateur.
 Des semaines s’écoulèrent sans qu’on revit Meuïsche. Un jour, alors qu’il passait sous sa fenêtre, le juge l’interpella et demanda des nouvelles de sa botte. « Eh bien ! lui expliqua Meuïsche, je l’ai vendue à un gars avec une jambe de bois. Si j’en rencontre encore un qui aurait besoin de l’autre, je viendrai la chercher... »
 II faudrait les citer tous, ces truculents personnages, nos semblables, mais je ne voudrais pas vous gâcher la joie de les découvrir vous-même. Par ces temps de dépression en tous genres, voilà un antidépresseur singulièrement efficace.

Un trésor du patrimoine alsacien
Région Alsace (07/01/2009) par -

  Noctuel (Benjamin Subac à l’état civil) a converti en français les contes en dialecte de Gustave Stoskopf. Un hommage remarquable à l’auteur alsacien qui valut à Noctuel le Prix du Patrimoine Nathan Katz 2009.
 C’est en expert aujourd’hui âgé de 86 ans – il fit une belle carrière d’humoriste à Radio Strasbourg – que Noctuel restitue la fantaisie de Gustave Stoskopf. À travers ce monumental travail de traduction, on découvre l’art du conte de Gustave Stoskopf qui se nourrit du terroir, entre pays de Brumath et pays de Hanau, dans l’Alsace de jadis. Noctuel l’affirme, « son ouvrage Üs minere kneckeszytt (Quand j’étais gosse) écrit en 1923 est un bouquin épatant dont les histoires pleines de bonne humeur feraient même se tordre de rire un saule pleureur. C’est bien pourquoi je l’ai traduit. » « Sin Üs minere kneckeszytt (1923) isch e gfitztes Bùech mit lùter gelungene G’schichtle. Sogar e Trùrwied tàt sich debie krank lâche ! Desweje haw isch’s jo iwwersetzt ! » 
 
Ce talent de Gustave Stoskopf, Noctuel l’apparente à la sensibilité populaire d’un Alphonse Daudet, Guy de Maupassant ou Marcel Pagnol, nous rappelant ainsi que le dramaturge, peintre et homme de médias fut aussi un grand conteur. Ses récits s’offrent aujourd’hui une nouvelle jeunesse. On y découvre avec ravissement le « bon » vieux temps peuplé de personnages savoureux : Natz le barbier, Meuische le Malin, Schteiwele, de Baekejackel, Frommel d’Ingwiller, héros de scènes cocasses.
 Cette mise en lumière de l’œuvre de Stoskopf, qui la rend accessible à un public non dialectophone, a valu à Noctuel le Prix du Patrimoine Nathan Katz. Un titre remis dans le cadre des Rencontres européennes de littérature de Strasbourg lancées en 2005. L’événement souligne le rôle stimulant de l’Alsace dans la création littéraire européenne. Surtout, il favorise la rencontre des textes d’hier et d’aujourd’hui et donne une nouvelle vie aux trésors du patrimoine écrit alsacien dans leur extraordinaire diversité. Diversité des genres, diversité des langues où s’entrecroisent le français, les dialectes alémanique, francique ou yiddish et évidemment les différentes formes de l’allemand.
 Gérard Pfister, directeur des Éditions Arfuyen-Orbey, qui a publié l’ouvrage de Noctuel, est à l’origine de ce mouvement d’idées. « Nous remettons en fait trois Prix qui témoignent de cet enracinement et de cette ouverture européenne, précise Gérard Pfister  : le Prix européen de littérature, le Prix de littérature francophone Jean Arp et bien sûr le Prix du patrimoine Nathan Katz. Trois Prix complémentaires qui ont un sens l’un avec l’autre. » Et la preuve intangible de l’extrême richesse culturelle de l’Alsace, loin des clichés et des figures stéréotypées.

Avez-vous lu Stoskopf ?
Élan (06/01/2009) par Jean-Claude Walter

 Il faut courir, toutes lectures cessantes, au livre Quand j’étais gosse et autres petites histoires alsaciennes, où Noctuel vient de traduire de l’alsacien les alertes récits de Gustave Stoskopf (1869-1944). Les personnages de son théâtre, comme D’r Herr Maire, les habitants de Brumath et de sa région, qu’il a portraiturés sur ses toiles, les voisins ou les copains de bistro, tout s’anime, parle et se dépense ici pour notre plus grand plaisir. Enfin un écrivain qui nous rappelle, par l’exemple, que la lecture est d’abord dépaysement, voyage dans le réel et l’imaginaire, évasion et plaisir.
 Grâce à cette traduction de Noctuel, qui connaît bien notre langue, le coup de pinceau et l’humour pince-sans-rire de Stoskopf éclairent chaque page, presque chaque phrase de ces contes dont les dialogues nous entraînent par leur vivacité. À table, à l’auberge, ou sur la grand-place d’un village, nous découvrons des gens qui vivent, parlent et rient comme s’ils étaient nos contemporains, nos voisins, nos frères. À travers des lieux connus : Brumath bien sûr, la ville natale, Haguenau, Bouxwiller, Schiltigheim « port de mer », et Strasbourg – lorsque les autochtones vont faire leurs achats en ville, ou bien le pays de Hanau, Ingwiller, ou Hoerdt baptisé « l’Eldorado des asperges ».
 Et les personnages au franc parler ou à l’ironie voilée mènent leurs sarabandes dans toutes les strates de la société agriculteurs, artisans, ouvriers, commerçants, – un avocat, un voyageur de commerce, un juge de paix, des musiciens, des copains et des coquins – tout cela vit et vibrionne à qui mieux mieux, sous la plume alerte du dramaturge qui s’est fait prosateur pour ces histoires drolatiques de Üs minere Kneckeszitt un anderi elsassischi G’schichtle.
 Une lecture à la fois enrichissante et roborative, voilà qui est rare dans le paysage littéraire d’aujourd’hui. Chez Stoskopf, l’humour est roi, et nous en profitons car il sait faire de ses lecteurs des complices.

PETITE ANTHOLOGIE