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SORUPANANDA

 La figure du sage Sorupananda est associée à celle de Tattvarayar, fameux érudit du XVIe siècle. Tous deux avaient une bonne maîtrise du sanskrit comme du tamoul et connaissaient parfaitement les textes sacrés, mais reconnurent que le profit tiré de cette longue étude n’avait pas le pouvoir de leur apporter la libération. Ils concentrèrent donc leurs efforts sur la recherche d’un guru qui les guiderait vers la sagesse.
 Sorupananda partit vers le Sud, Tattvarayar vers le Nord. Sur les rives de la Kaveri, Sorupananda découvrit un homme absorbé en perpétuel samadhi. Après avoir reçu la grâce de ce guru, il attendit le retour de Tattvarayar. N’ayant obtenu aucun soutien, Tattvarayar retourna dans le Sud où il retrouva Sorupananda et devint son disciple. Après l’avoir un jour chassé dans un mouvement de colère, Sorupananda lui conseilla d’écrire : « Ces textes ardus,aussi utiles qu’ils soient pour vous-même, profiteront docilement au monde dans leur intégralité. Composez donc une œuvre simple que tous puissent comprendre et qui permette à chacun d’obtenir le salut. » Tattvarayar composa en quelques heures une œuvre qui reste aujourd’hui comme une référence de la spiritualité hindoue. Sorupananda, quant à lui, n’écrivit qu’un seul texte, quintessence de son expérience de la non-dualité : « La Splendeur du Soi ».

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

La Splendeur du Soi

REVUE DE PRESSE

La Splendeur du Soi
3° millénaire (09/01/2008) par -

 Sorupananda vécut probablement vers la fin du XVI° siècle, près de la ville de Virai. Petite œuvre de l’Advaïta (non-dualité), ce livre était très bien considéré par Ramana Maharshi qui en conseilla la lecture à Annamalai Swami, parmi une liste de six ouvrages indispensables. En partie composé de questions/réponses et de sentences vivantes, le texte s’égrène, comme les perles d’un collier, en 102 petits chapitres. Suivant l’approche typique de l’Advaïta Vedanta, l’auteur témoigne de la conscience pure, éternellement présente à travers le monde des sens et des apparences.
 La question fondamentale du « Qui suis-je ? », chère à Ramana Maharshi, est inscrite dans les lignes de cet ouvrage. La voie directe est ici de rigueur et renvoie, parfois sans ménagement, chacun des chercheurs ou pratiquant religieux à ce qu’il est réellement : le Soi ; qu’ils soient dévots, exerçant le yoga, suivant une sadhana, s’astreignant à divers rituels ou à diverses observances. Dans l’esprit de la non-dualité, le jnani (l’homme de connaissance) qui a réalisé le Soi, resplendit « en tant que tout et différent de tout ».

La Splendeur du Soi
la Lettre de Ligugé (10/01/2008) par Lucien-Jean Bord

 Ce texte, qui se présente comme une succession de versets, appartient à l’école du Vedanta, l’école mystique de l’hindouisme fondée par Shankara et caractérisée par son non-dualisme radical. Sorupananda, érudit du sud de l’Inde ayant vécu au XVI° siècle, n’a laissé qu’un ouvrage, le Sorupa saram (Splendeur de Soi) qui est comme la quintessence de son expérience spirituelle, résumée dans l’invocation préliminaire du texte : « Puisse le Soi unique, qui apparaît en tant qu’objets différents de la même manière que l’or prend la forme du moule dans lequel il est coulé, être notre guide et soutien dans la composition de ce guiproclame que la nature du monde n’est que conscience. »

La Splendeur du soi
Infos Yoga (10/01/2008) par Gilbert Gieseler

 Texte d’advaïta composé par l’auteur en langue tamoul, se traduit Swarupam Saram en sanskrit. Sorupananda est un gouru et saint éminent qui vécu à Virai, probablement vers la fin du XVI° siècle. Il est associé à Tattvarayar, érudit et fils de sa soeur. Ils connaissaient tous les sastra (poétique sanscrite – textes sacrés). Mais ils réalisèrent que cette connaissance limitée ne pouvait les libérer des attachements de ce monde et décidèrent de rechercher un guru, convenant de ce que le premier d’entre eux qui l’aurait trouvé deviendrait le guru de l’autre. C’est ainsi que Sorupananda devint le guru de Tattvarayar qui, le temps venu, rédigea à la satisfaction de son guru un poème qui fera partie de Mohavatai Bharani (composition poétique tamoule).
 Sorupananda n’écrivit qu’un poème, Sorupa Saram (traduction du tamoul : l’essence de sa propre vraie nature) qui fut recommandé par Ramana Maharshi parmi six ouvrages jugés primordiaux. Le chapitre 9 nous indiquant que la nature du soi est de resplendir, l’ouvrage a reçu le titre de La Splendeur du Soi. Si les versets sont de Sorupananda, les questions, réponses et commentaires intercalés furent ajoutés par un commentateur anonyme et, depuis, associés au texte et considérés comme en faisant partie intégrante. Une note en fin de volume nous indique que c’est à David Godman, auteur de nombreux ouvrages sur Ramana Maharshi et sur l’enseignement non duel de l’Advaïta Vedanta, que l’on doit la traduction anglaise.
 Le lecteur appréciera le glossaire vu l’usage récurent de terme sanskrit tout au long de l’ouvrage. Ce sont donc quelque cent deux « chapitres-textes » qui sont rassemblés pour former ce petit livre de philosophie poétique d’une extrême richesse spirituelle.

PETITE ANTHOLOGIE

La Splendeur du Soi
traduit par Anasuya
(extraits)

  – Quelle est la nature inhérente du Soi qui resplendit en tant que tout ce qui est ?

 – Sa nature est de « resplendir de lui-même en tant que lui-même ».

 Le Soi qui resplendit en tant que le corps, l’âme bien-aimée, toutes les actions, l’ignorance, la joie de la vraie connaissance, la réalité bienheureuse et la conscience unique, cela est en vérité ma propre vraie nature.

*

  – Toutes choses se meuvent parce que le Soi les fait se mouvoir. Par conséquent, y a-t-il servitude pour le Soi ?

 – Le Soi, telle la corde qui fait tourner la toupie, n’est jamais asservi.

 De même qu’une toupie est mue par une corde, ainsi les désirs fructifient en ma présence. Mais à l’instar de la corde utilisée pour faire tourner la toupie, je ne me confondrai pas avec eux. Je me suis affranchi de leur attache. Je suis devenu mon propre Soi. Ma servitude a totalement disparu.