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Solaria

 Poursuivant leur excellente collection "Mystiques païens", les éditions Arfuyen, qui nous avaient gratifiés, il y a 5 ans, d’un Proclus (Solaria 4, p.14), dernier grand philosophe païen, au V° siècle, rééditent à présent l’ouvrage épuisé de Festugière, d’un grand intérêt, sur les philosophes du IV’ siècle. Ce siècle qui voit le basculement de l’empire dans le christianisme (Constantin), suivi de l’éphémère restauration de Julien, puis de l’interdiction définitive du paganisme, sous Théodose.
 Porphyre, un des maîtres de l’école néoplatonicienne (avec Plotin, Jamblique et Proclus) est contemporain de l’empereur Dioclétien, qui affiche ouvertement en 307 son attachement à Mithra, "protecteur de l’empire". Sa Lettre à Marcella est un condensé de sagesse antique platonique.
 Firmicus Maternus, auteur de la Mathèsis, écrivait une trentaine d’années plus tard, sous un empereur déjà galiléen. Astrologue de profession, il débute ses "Conseils de vie à un jeune astrologue" par une "Prière aux planètes" et une "Prière au Dieu suprême", contenant de brillantes invocations au Soleil, "maître de toutes choses".
 Quant à Sallustius, contemporain et ami de Julien, il est l’auteur de "Des dieux et du monde", sorte de catéchisme païen destiné à soutenir la réforme religieuse de l’empereur philosophe.
 Ces trois oeuvres témoignent de la réelle élévation de la pensée et de l’éthique païennes ("hellènes", comme on disait alors), qui n’ont rien à envier à celles des sectateurs de Chrestos. On sait par ailleurs que les Pères de l’Eglise ont largement nourri leur théologie à ce foyer inextinguible du néoplatonisme qui nous illumine encore.