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William SHAKESPEARE

(1564-1616)

William Shakespeare est né en 1564 à Stratford-upon-Avon. Son père est un notable, négociant de peaux et d’articles de maroquinerie. Sa mère est fille d’aristocrate.

À l’école King Edward VI, il reçoit un enseignement intensif de culture latine, d’histoire, de logique et de rhétorique. Dès 1577 cependant, il est retiré de l’école.

En 1582, Shakespeare épouse Anne Hathaway, fille d’un fermier, son aînée de huit ans. Elle donne naissance six mois plus tard à leur première fille, Susanna. En 1585 naissent des jumeaux, Hamnet et Judith. La même année, Skakespeare quitte Stratford.

En 1592, un pamphlet le désigne comme un « corbeau arrogant ». En 1594, il est engagé comme acteur et dramaturge au Theatre de James Burbage, le premier véritable théâtre de Londres.

En 1598, un désaccord survient entre le propriétaire du terrain et le chef de la troupe. Le bâtiment en bois est démonté clandestinement et reconstruit sous le nom de Théâtre du Globe. À la mort du chef de la troupe, un directoire d’actionnaires est mis en place. Shakespeare joue non seulement dans ses propres œuvres mais aussi dans des pièces de Ben Jonson.

En 1603, année de son accession au trône, Jacques Ier devient le nouveau patron de la troupe. Shakespeare ne perd pas le contact avec Stratford où il a acheté une maison en 1597 ainsi que des terres.

Vers 1611, il prend sa retraite. Il meurt le 23 avril 1616, le jour de ses 52 ans. Il était resté marié à Anne jusqu’à sa mort. Il est enterré dans le chœur de l’église de la Sainte-Trinité à Stratford.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Ainsi parlait Shakespeare

REVUE DE PRESSE

"Ainsi parlait Shakespeare", lu par Lucien Wasselin (Recours au poème)
Recours au poème (02/07/2016), par Lucien Wasselin

Il y a tout et son contraire dans Shakespeare : cela tient à la forme théâtrale de son œuvre, les personnages ne tenant les propos que leur prête le dramaturge pour sa démonstration. Gabrielle Althen essaie de mettre de l’ordre dans ces dialogues et elle met en évidence les contradictions qui les traversent.« L’intensité de l’œuvre […] tient à l’acuité de la saisie, à sa justesse, à la lucidité par laquelle la raison profonde des actes de ses personnages est mise au jour », écrit-elle dans sa préface. Mais elle ajoute : « … le bien et le mal restent tels […]. Et le bien c’est d’aimer, de protéger les autres et l’ordre du monde… » […]

Shakespeare, homme du XVIe siècle ? Oui, mais il parle aussi pour l’avenir. Ainsi dans ce fragment d’Henri VI :« N’est-ce pas chose lamentable que, de la peau d’un innocent agneau, on fasse un parchemin ; et que ce parchemin, griffonné à la hâte, puisse détruire un homme ! » (p 23), il suffit de remplacer le mot parchemin par celui d’ordinateur ou de blog, pour actualiser le propos ; c’est l’écriture qui fait ou défait les réputations usurpées ou non.

Mais, cet autre fragment, toujours extrait de la même pièce : « Plutôt poser ma tête sur le billot que de plier le genou devant quiconque, hormis le Dieu du ciel et mon roi » (p 21) ne laisse pas d’être inquiétant : cette « maxime de vie » est conservatrice dans la mesure où elle défend l’ordre établi… On pourra bien sûr objecter que Shakespeare parle pour son temps, mais les lecteurs d’aujourd’hui pourront en tirer des conclusions à leur façon : il aurait été bon que ces choses soient précisées… Reste à picorer selon son humeur : mais je suis convaincu que ce jeu variera d’un lecteur à l’autre ; mes propos n’étant là que pour provoquer le désir de lecture de ce livre… et des pièces de Shakespeare (ou d’aller les voir au théâtre !).

Est-ce l’époque ou les temps que nous traversons qui me rendent d’humeur sombre ? Je ne sais mais j’ai préféré les citations (qui valent bien maints aphorismes) où Shakespeare dit son dégoût des hommes de pouvoir et leur fait avouer crûment ce qu’ils ont au fond d’eux. Ainsi : « Vivre ou mourir, lequel des deux est préférable quand vivre est une honte, et mourir un pêché ? » (Le Viol de Lucrèce) : bien des hommes politiques actuels sont décrits dans ces mots !

Ce que dit Shakespeare (p 71 : ces mots que prononce Shylock in Le Marchand de Venise, 3, 1) à propos des Juifs ne s’applique-t-il pas aux Palestiniens de nos jours ? Il suffit de remplacer le mot juifs par ces autres mots musulmans ou athées ou quelque autre et le sens reste le même ! Ou ce que dit Polonius (in Hamlet 1, 3) : « Ceci par dessus tout, sois fidèle à toi même, et, comme la nuit suit le jour, il s’ensuivra que tu ne pourras être faux envers personne".

On retrouve des formules célèbres (comme « Être ou ne pas être, c’est la question !", Hamlet in Hamlet, 3, 1). Hamlet est une source inépuisable de sentences ! Et les anthologistes ne s’en privent pas ! Mais on trouve dans le présent choix des formules peu connues mais non sans valeur : « C’est le malheur des temps quand les fous guident les aveugles" (Gloucester in Le Roi Lear, 4, 1). Qui sont les fous, qui sont les aveugles ? Ou les fanatiques, ou les dogmatiques ?

Y a-t-il une ultime leçon ? J’en doute car ce livre est à reprendre et reprendre ! C’est dire que la disposition et le caprice du lecteur peuvent changer… En tout cas, il faut lire et relire cette anthologie… Pour changer d’avis.

[L’article de Lucien Wasselin dont nous reproduisons ici des extraits a été publié sur le site Recours au poème, le 2 juillet 2016].