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Rivage mobile

 Michael Edwards a d’abord écrit les poèmes de Rivage mobile (Arfuyen, 2003) en anglais, sa langue maternelle, puis les a traduits en français, en modifiant parfois sensiblement, nous avoue-t-il, le texte initial. Son amour pour les langues ne s’arrête pas à ce jeu d’appels et d’échos entre anglais et français. Il se révèle aussi par son goût d’une « langue barbare sortie de la poussière / d’Afrique » ou pour celui d’une « langue de feuilles ». C’est en effet une autre langue qu’il veut ici proférer, étrange, archaïque, langue des métamorphoses, des animaux qui sont « plus proches du divin ».
  Les animaux trouvent leur chemin dans la nuit du non-savoir, 
 Les ailes au vent, le museau dans les feuilles du sous-bois, 
 Ils héritent la terre.
 Leur âme est dans leurs sens : ils passent dans la nôtre.
 C’est aussi la langue de tous les appareillages, de ces départs palpitant déjà des mystères qui les attendent. Michael Edwards sait remarquablement les suggérer par des tableaux ou des visions suspendues, dignes de Magritte.
  Au milieu du fleuve
 La terre en mémoire s’enfonce 
 Dans le sombre de la lumière. 
 L’autre rive
 Est invisible.
 Un frisson dans les vagues, 
 Le souffle du vent.