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Rien ne meurt

 Dans la poésie d’Anise Koltz, les mots s’envolent comme des oiseaux avides d’arracher chacun leur pan de ciel – et parfois tombent juste ou se posent comme le premier vocable osé dans le silence du monde – celui qui « contient / les plus beaux poèmes » : « À ma mort / Je dormirai sous terre / Avec toi / Comme une semence prête à éclore // Mon corps est un lieu / Où rien ne meurt // Je me transformerai / En arbre / Pour ombrager ton sommeil »
 Petite nièce de l’industriel Émile Mayrisch (1862-1928) et d’Aline de Saint-Hubert, précurseurs de l’unification européenne, Anise Koltz fait son entrée en poésie avec Spuren nach innen (Luxembourg, 1960). Présidente de l’Académie européenne de poésie, traduite en de nombreux pays et couverte d’honneurs (Prix Blaise Cendrars 1992 et Apollinaire 1998, Prix de littérature francophone Jean Arp 2008, etc.), elle semble puiser les images de son nouveau recueil dans d’antiques liturgies où le lointain des temps rejoint l’instant perpétuel - des liturgies qui font chanter le silence sans rien épuiser d’une parole vibrante : « Dans la poésie / J’écoute le silence // Dans le silence / J’écoute la mort / Et le recommencement »
 C’est bien cela qui aiguise sa parole -cette infinie possibilité de recommencer l’univers dans les plis du jour et l’aventure des mots en puissance…