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Requiem

 (…) À côté de ces mots d’affreuse dépendance et perdition (Neurosuite, de Margherita Guidacci) , Requiem, de Roger Munier propose la pacification de son travail de deuil (dans le sens psychanalytique du mot), de détachement. Et précisément en nommant ce qui, précédemment, vraisembla-blement, terrifiait.
 Roger Munier est né en 1923 à Nancy, et fut disciple et ami de Heidegger. Il travaille actuellement à un livre sur Rimbaud (auquel on pensait justement en lisant Neurosuite, à cause de la compassion).
  « Comment la mort me surprendrait-elle ? Elle est mienne, n’est que mienne. Je la nourris moi-même, en vivant. Chacun de nous se donne la mort » ; « il ne devrait pas y avoir de mot pour la mort, que nous ne connaissons pas, qui n’existe pas » ; « Ne pas dire après la mort. La mort interdit tout après. Fixer cet étrange ensuite »  ; « Le mourant ne prolonge par sa route ailleurs. C’est sa route même, et tout l’espace derrière lui, qui, dans l’instant s’effondre » ; « Mort, on franchit l’obstacle en le devenant. Absorbant – absorbé » ; « Mourir est difficile. Et pourtant, tous y parviennent »  ; « C’est la sortie de ce monde qui est arrachement, agonie. L’entrée dans le néant ne peut qu’être inapparente et douce ».