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Réouvrir les yeux

 (…) Après La Lumière de l’origine (1988), ou encore Le Champ de de gravité (2002), voici L’Éveillée, dédié à sa mère. Des pages de deuil et ce recommencement, d’écoute et ce consentement.
 Adieu à la mère, à l’enfance – et à tout ce substrat émotionnel qu’on devine cependant en filigrane du regard que nous ouvrons sur le monde –, l’ensemble du recueil semble rayonner à partir de ce point de vacuité absolu, autour de ce silence, de cette absence et de cette perte, à la fascination desquelles il faut échapper. « Regarde-nous, poussière/ de tes yeux d’éveillée ! / (…) Dis-nous que la souffrance / n’est pas une défaite / mars le dernier seuil de l’amour / Souffle sur nos yeux/ la poussière magique / de l’oubli – // – comme/ une fée dans les contes / de l’enfance répand vrairnent / le miracle du sommeil.  »
 Une poésie de la pensée vivante, du langage en mouvement, de l’être toujours en devenir. Une poésie qui traverse les apparences, accepte des moments de pure négation, mais surtout interroge, fait du « pourquoi ? », l’une des modalités fondamentales de l’être-homme. C’est une flamme de désir qui porte l’écriture d’Alain Suied vers « l’aurore de la parole vraie », vers la lisière de l’innocence – « le dernier continent inexploré » ou vers l’inatteignable : « tel est le visage. / Et comme l’horizon, il brille / presque dénué de sens / nu, premier, natal ».