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Qui dira notre nuit

 On peut glisser dans les replis de cette si belle histoire quelques fragments de poèmes (hélas ! sans leur musique), publiés en même temps qu’elle, et qui en offrent un écho silencieux. « Là où tu es /en lieu séparé/mais au même instant brillent (...] deux sourires échangés/deux larmes emmêlées [...] quand dans la montagne vide/tombaient les pommes de pin. »
 
On entend ici une parole à voix basse, qui s’efface au moment même où elle s’élève, lorsqu’est évoqué « l’irrépressible désir / où tout se rejoint / Les corps rompus / n’y touchent nul confin / Les coeurs brisés / y battent sans fin. » On voit bien que c’était le souffle du poète qui conduisait la plume du conteur et transformait l’exil en chant de délivrance, « sous peine de mourir/ d’être si seul dans l’univers », et la souffrance elle-même en paix inexplicable. « Toute douleur douceur / Toute larme rosée. »
 Ainsi les amants séparés (et les âmes en prière aussi bien) murmurent dans la nuit : « Ne plus te voir/qu’en avant de soi », car ils pressentent par le fond d’eux-mêmes que leur amour prépare une avancée sans fin. « Oui d’ici / d’un pas encore/nous rejoindrons tout. » Lorsque notre nuit deviendra lumière.