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Anise KOLTZ

Pressée de vivre

suivi de « Après »

Collection « Les Cahiers d'Arfuyen »
n° 234, 176 pages, ISBN 978-2-845-90262-6

10 €

Après L’ailleurs des mots (2007), La Lune noircie (2009), Je renaîtrai (2011), Soleils chauves (2012), Galaxies intérieures (2013), Un monde de pierres (2015), Pressée de vivre suivi de Après est le septième livre d’Anise Koltz publié par Arfuyen. Quel titre que celui-ci pour le recueil d’une femme qui va fêter en juin prochain ses 90 ans : Pressée de vivre ! Mais non sans ironie, Anise Koltz ajoute ce sous-titre : « suivi de Après »…

Lors de la journée d’études consacrée à Anise Koltz par l’université de Strasbourg, Michèle Finck, admirable lectrice, a intitulé sa communication : « Anise Koltz l’insoumise ». L’écrivaine luxembourgeoise n’est pas du genre, en effet, à se soumettre à aucune condition : celle de femme, celle de germanophone ni même celle de « personne âgée », comme on dit poliment. Plutôt elle dirait, comme la chanteuse Brigitte Fontaine, si elle n’était si grande dame : « Je suis vieille, et je vous emm… ! »

« Dans mon habit de vie, écrit Anise Koltz / je brûle / sans me consumer. » Malgré l’âge et les épreuves, la rage d’Anise Koltz reste intacte. « De quel droit / la mort me revendique-t-elle ? // Déjà j’avance avec l’ombre / de quelqu’un d’autre. » Face à l’inévitable, Anise Koltz n’abdique rien de sa liberté souveraine. Vivre, et encore vivre, nous dit-elle. « L’après » suivra ! « Dans la poésie, écrit-elle / j’écoute le silence // Dans le silence / j’écoute la mort / et le recommencement. »

Car pour Anise Koltz, il n‘y a pas de fin, tout est recommencement, métamorphose, et il faut seulement avoir l’énergie de porter cette passionnante, cette épuisante éternité.

Issue d’une illustre famille du Luxembourg, Anise Koltz est la « grande dame » de la poésie francophone d’aujourd’hui. Un volume de la collection Poésie-Gallimard lui a été consacré sous le titre Somnambule du jour. Depuis plus de dix ans, Anise Koltz publie tous ses ouvrages aux éditions Arfuyen.

L’œuvre d’Anise Koltz, qui a quitté la langue allemande en souvenir des tortures imposées par les nazis à son mari durant la guerre, est marquée par les tragédies du XXe siècle. L’écriture d’Anise Koltz est concise, âpre, d’une implacable lucidité. En cela elle s’apparente à celle de son quasi contemporain Paul Celan (1920-1970), grandi comme elle dans une terre de langue allemande écrasée sous la botte des nazis.