Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Présentation du colloque du 27-28 avril 2007

 Pierre Dhainaut : la passion du précaire.
 Né en 1935 à Lille, Pierre Dhainaut est entré en poésie avec son adhésion au groupe surréaliste à la fin des années 50 (les poèmes de cette première période, publiés dans des revues surréalistes, ont été réunis plus tard sous le titre Bulletin d’enneigement). Marqué par sa rencontre avec André Breton, il s’éloigne par la suite du groupe et trace un chemin personnel qui aboutit en 1969 à la publication de son premier livre marquant au Mercure de France, Le Poème commencé. Ami de Jean Malrieu (dont il éditera plus tard par deux fois les poèmes complets), il se rapproche dans les années 70 de la revue Sud dirigée par celui-ci (il demeurera membre du comité jusqu’aux années 90) et se lie à des poètes comme Jean-Claude Renard ou Bemard Noël (auxquels il a consacré des essais parus respectivement en 1977 et 1992). Professeur de lettres à Dunkerque, où il réside toujours, Pierre Dhainaut traverse dans les années 70 une période de crise que marquent des livres violents comme Efface, éveille (Seghers, 1974). C’est à partir des années 80 que son couvre conquiert une maturité plus sereine : Terre des voix (Rougerie, 1985) marque le début d’une nouvelle période où la poésie de Pierre Dhainaut, sans abandonner l’écriture en fragments ni les formes brèves qui jalonnent toute son oeuvre, s’oriente vers une poétique du souffle et de la voix qui n’est pas sans proximité avec les spiritualités orientales, et que caractérise bien le titre des Prières errantes (éd. Arfuyen, 1990).
 Dhainaut apparaît dès lors comme un représentant exemplaire de cette sensibilité moderne que l’on pourrait désigner, en reprenant le titre de l’essai marquant de Jérôme Thélot paru en 1997, comme « la poésie précaire ». En 1996, une « anthologie personnelle » intitulée Dans la lumière inachevée, publiée au Mercure de France, propose un premier regard rétrospectif sur son oeuvre. Une dizaine de recueils de tailles diverses se sont succédé depuis.
 Parallèlement Pierre Dhainaut, qui dans sa jeunesse a pratiqué la peinture, a publié un très grand nombre de livres à tirages limités réalisés avec des peintres : Jacques Hérold, Colette Deblé, Marc Pessin, Toyen et Marie Alloy sont parmi les artistes qui ont le plus travaillé avec lui. Marie Alloy sera présente lors de notre colloque pour témoigner de cette collaboration.
 L’oeuvre de Pierre Dhainaut a déjà fait l’objet d’un certain nombre d’études critiques : après la monographie de Jean Attali, parue en 1986 aux éditions du Rouergue, qui traitait de la première moitié de l’oeuvre, plusieurs numéros de revues lui ont été consacrés : un dossier de la revue Polyphonies en 1995, un numéro de la revue Nord’ publié par l’université de Lille III (n° 34, décembre 1999) rassemblant une trentaine d’articles, un numéro de la revue Autre Sud (n° 10, septembre 2000). En 1999, les éditions Paroles d’aube ont publié un livre d’entretiens, À travers les commencements, réalisé avec Patricia Castex-Menier, qui constitue une excellente introduction à son oeuvre. Une exposition de manuscrits, livres précieux et documents personnels s’est tenue du 4 mars au 22 avril 2000 à la Bibliothèque Municipale de Lille (éd. de la Médiathèque Jean Lévy, catalogue préfacé par Gérard Farasse, 2000), suivie par plusieurs autres expositions de moindre ampleur.
 Néanmoins, aucun colloque de grande ampleur n’avait encore été consacré à Pierre Dhainaut : il est temps, nous semble-t-il, que la critique s’intéresse à lui de façon plus exhaustive. C’est pour faire progresser la recherche sur son oeuvre et lui amener de nouveaux lecteurs que nous avons souhaité réunir à la Sorbonne poètes, écrivains, artistes et universitaires. En complément, une rencontre à la Maison des Écrivains permettra d’écouter le poète lire ses textes et de dialoguer avec lui.