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Pensées du matin

Directeur de la Société des Missions évangéliques de Paris de 1892 à sa mort, Alfred Bœgner avait eu à s’occuper du difficile cas d’un certain Albert Schweitzer, un « Alsacien » allemand qui voulait à tout prix « servir » à Lambaréné, sur une station de la mission en territoire colonial français. Un matin de 1912, il prêchait à La Rochelle quand, à la fin du sermon, au moment d’indiquer un cantique, son cœur s’arrête et il s’écroule. C’est à titre posthume qu’en 1914, tirés de ses « Cahiers de notes journalières ». des fragments intitulés Pensées du matin paraissent chez Fischbacher.

Œuvre intime autant que posthume, l’ouvrage connut plusieurs éditions entre les deux guerres. Grâce au flair de Gérard Pfister, les éditions Arfuyen viennent d’enrichir leur catalogue de « Carnets spirituels ».

Parce que la journée et les soirées étaient consacrées à la gestion de la société des Missions et que les luttes qu’il fallait y mener, souvent contre les inerties ou les prudences du Comité (comme on voit dans « l’affaire Schweitzer »), l’accaparaient, c’est à l’aube qu’Alfred Bœgner remplissaient ses carnets. Homme d’action, par la force des choses, il s’était réservé un peu de temps à lui chaque matin, pour méditer, prier, écrire. Acte de volonté plus qu’habitude. Et discipline. « Se lever tôt, c’est donner à l’esprit le pas sur la chair. » Mais est-ce faux ! « Qui se lève tôt est maître clé son corps, de sa journée, de sa maison, de son âme, de sa vie. » Ambiance au presbytère !

Sa devise : « Vous n’êtes point à vous-mêmes » (I Cor 6, 19) poussait au sacrifice, à l’humilité. À des pensées qui ne visent pas l’originalité, mais disent l’humilité du chrétien. Pensées qui ont pour enjeu le courage d’agir dans la journée, d’y accomplir sa mission ou son ministère.