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Pays du soir

C’est en 1953 que Pär Lagerkvist, qui avait reçu le prix Nobel de littérature deux ans auparavant, fit paraître Pays du soir. Cette édition française complète, dans une traduction de Gunilla de Ribaucourt, nous permet de prendre toute la dimension spirituelle de ce poète suédois qui se disait « un croyant sans foi ou un athée religieux ».
 Toutes les pages, en effet, s’adressent, directement ou non, à « l’incompréhensible » qui « embrase (l’)âme » et qui est peut-être l’étranger au bout de la route ou le feu des astres « dans le vide infini ».
 Pär Lagerkvist ne fait pas entendre de cris de désespoir ou de révolte, mais un chant, parfois nostalgique, souvent interrogatif, hésitant entre reconnaissance et appréhension. La question même de ce qu’il est, et qui bientôt ne sera plus, le poursuit.
 Qui suis-je ?
 Comme la flexion d’un brin d’herbe sous le vent. 
 Lorsqu’il se relève rien ne s’est passé, absolument rien.

 À cette question, il peut parfois répondre :
  Je suis un nuage, un nuage dans le ciel au-dessus de la terre. 
 Je fus en cette matinée merveilleuse et vais bientôt être effacé. »

 Mais le poète sent que cette question renversée est un peu la même et que le lien entre l’humain et le divin demeure un mystère inépuisable :
 Qui es-tu qui remplis mon aeur de ton absence ? 
 Qui remplis la terre entière de ton absence ?

 C’est sur ce lien, tendu entre clarté et ténèbres, que Pär Lagerkvist nous amène à méditer ici. Nous en ressentons souvent, grâce à lui, la douceur infinie.