Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Passage par l’abîme

 "Le bonheur réjouit le coeur de Dieu, le malheur le dévaste". Ainsi commence ce précieux recueil au titre sans équivoque. Mais le bonheur, la joie, la louange et la reconnaissance ne sont guère au début du chemin, ils se gagnent peu à peu ou s’offrent sans effort, presque à notre insu.
 Pour aller à la confiance, à l’ouverture à l’autre, à la nouvelle naissance, force est de passer par l’épreuve, la perte, la douleur sans nom, l’agonie. Force est de passer, parce que c’est une force, justement. Et jean Bastaire nous le rappelle : "Le problème n’est pas de ces¬ser de souffrir, mais de continuer à grandir". Ou encore : "Chacun a sa plaie pour que chacun ait sa gloire".
 Ce n’est pas un livre triste mais un livre de traversée et qui traverse. Les éclairs sont nombreux, ainsi que les petits cailloux blancs : "Quand on a tout perdu, on sait que tout était donné. On est libre." "S’oublier pour être enfin présent". "Un regard qui n’espère plus, qui n’attend plus rien de merveilleux, est un regard qui tue".
 Auteur de nombreux essais, études (en particulier sur Charles Péguy) et poèmes, Jean Bastaire livre ici avec simplicité et pudeur le "désastre intime" que fut la dépression qui l’affligea il y a une dizaine d’années, terrible passage à vide qui prépare "le grand jour de Pâques", dont il témoigne ici.