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Passage de la grâce

 La vie de Jean Mambrimo est richement tissée de rencontres (T.S. Eliot, Kathleen Raine, Simenon, André Dhôtel ou Henri Thomas), de partances et de grands voyages, de partages et de résonances heureuses. Ordonné dans la Compagnie de Jésus en 1954, il découvre le théâtre et enseigne les lettres et l’anglais avant d’assurer la responsabilité de la critique littéraire et dramatique à la revue Études. Grâce à la vigilance de Jules Supervielle, il publie son premier recueil, Le Veilleur aveugle, en 1965 (Mercure de France). D’autres œuvres majeures suivent, comme L’Oiseau-Cœur (Stock, Prix Apollinaire, 1979) ou N’être pour naître (José Corti, 1996), qui trouvent dans l’écoute de la musique du monde et de « demain qui s’en va » comme l’espérance d’une survie réaffirmée dans son dernier opus :
  Cette goutte d’eau
 Qui contient la mer,

 Innombrable
 Te reçoit.

 Ce grain de sable
 D’où naît ton désert,

 Vit solitaire
 Au fond de toi.

 Le Rien d’en-haut.

 Au cœur de la grande insécurité contemporaine, une parole poétique prend son éveil dans la limpidité même et ne laisse aucune échappatoire face à l’inconnu au fond de soi. Ne s’agit-il pas de « marcher plus loin que son être »  ?