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Paroles des humbles et des silencieux

Le poète et traducteur Gérard Pfister, fondateur des Éditions Arfuyen (et opérateur inspiré des « marchés financiers »), publie un livre essentiel, à recommander dans les écoles et les chaumières – une somme qui cerne au plus près au plus vif (et auprès de plus de trois cents auteurs) la définition de la poésie, cet humble travail d’artisan qui, sur l’établi des mots, « peut devenir, les bons jours, œuvre d’artiste »...

Au fil d’un abécédaire inspiré (de A comme Affirmation à V comme Vie), l’auteur de Blasons du corps limpide de l’instant (Arfuyen) nous emmène de Jacques Ancet (« La poésie, ce serait peut-être cela : voir se lever le monde dans le jour du langage ») ou de Blaise Cendrars (« L’écriture est un incendie, car écrire c’est brûler vif, mais c’est aussi renaître de ses cendres ») à Boris Pasternak (« La poésie est la prose (...), la prose même, la voix de la prose, la prose en action et non en récit ») – sans oublier Michel Cazenave (« La poésie, ne serait-ce tout simplement de dire avec des mots ce que les mots ne peuvent pas dire ? ») et... Gérard Pfister (« Pas tant une parole qu’une écoute. Pas tant création qu’expérience » ou « La chose prise au mot, comme la truite à l’hameçon, pour la remettre à l’eau, marquée d’une blessure »)...

À méditer aussi, cette réponse du berger grec à Jacques Lacarrière : la poésie, « c’est quand un mot rencontre un autre mot pour la première fois ». Un vrai livre de « rupture » avec l’inessentiel, le futile et le dérisoire qui donne l’intelligence de « ce qu’un corps fait au langage ».