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Pâque de l’univers

 Si la foi chrétienne proclame dans son credo la résurrection de la chair, il faut être cohérent : ce ne sont pas les seules âmes qui peupleront la Jérusalem céleste, mais la création tout entière, aujourd’hui lourdement victime de la chute, qui retrouvera son état premier. Cela, tous les textes des deux Testaments le disent, quand ils sont bien lus.
 Par quelle surprenante dérive ne l’a-t-on pas seulement oublié, mdis encore pense-t-on le contraire ? Le corps est une prison dont il faut s’affranchir ; cette terre est une vallée de larmes où nous sommes en exil etc. Jean Bastaire, dans un combat beaucoup plus large, s’en prend à cette hérésie particulière. Ses travaux sur saint François et l’esprit franciscain, son récent Christ vert, tous présentés dans le Bulletin, travaillent à ramener une saine doctrine.
 Ce recueil aussi, par le biais de l’écriture poétique. On ouvre, on lit, on est retenu par le titre des poèmes en prose, par la densité des versets, par l’alliance qu’ils opèrent entre le visible et l’invisible, mais on reste sur le seuil. Il faut lire la postface (et même, à mon sens, avant les poèmes), et tout s’éclaire, et l’on peut revenir aux poèmes : ils deviennent ce qu’ils sont, élévations, contemplations, baignés dans la lumière pascale.