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Pages de voyage

 L’économie des mots, voire une certaine rétention, manifeste souvent chez un poète la volonté de faire silence autour des vocables élus pour dire plus qu’ils ne sont, la poésie se devant de calmer le jeu d’un langage malmené par les usages et par les usinages de toutes sortes.
 Mais dans ce recueil bien mystérieusement construit (à lectures verticales ou horizontales, croisées, se chevauchant sur une page devenue dessin, carte, plan) et cadencé (le mot, sectionné ou non, fait rupture avec celui qui le précède et celui qui le suit, parfois non), on ne saurait dire si une histoire défile, ou bien mille, et si l’immersion se saisit d’un seul instant ou nous plonge dans l’émiettement indéfini du temps.
 La lecture doit reprendre au début, en revenir à l’essentiel : concentration, distillation, épuration. Il s’agit d’un événement, ou plus probablement d’un après, juste après la retombée de la tension : qu’est-ce qui dure quand tout s’est arrêté ? Que perçoivent nos sens ? Comment ?