Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Nous avons aimé cette année

 En lisant ce merveilleux petit livre, on pense à la phrase de Cristina Campo : « La communion des saints n’est-elle pas elle aussi un lieu sidéral et géométrique où des destins se donnent rendez-vous, échangent de mystérieux aliments, font négoce en deniers fluides ? »
 
Ce lieu, c’est Paris en 1600, une ville de jardins et de couvents. Pierre de Bérulle a 25 ans, il vient d’être ordonné prêtre et héberge dans son hôtel du Marais sa cousine Madame Acarie, qui deviendra Marie de l’Incarnation. Mais ce lieu est aussi mental, croisement de routes, ce que l’abbé Brémond appellera « la métaphysique des saints », un moment privilégié dans l’histoire de la mystique.
 Dans les écrits de Pierre de Bérulle, on peut suivre les fils subtils qui le relient à saint Bonaventure, à Catherine de Gênes, ou encore à Maître Eckhart. Pour lui, la théologie est enracinée dans une opposition entre le néant ontologique de l’homme réduit à lui-même et la souveraineté de Dieu, opposition que seule peut supprimer la souffrance du Christ. Mais il dépasse le platonisme d’Eckhart en mettant l’accent sur I’Amour plus que sur la solitude de Dieu.