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Jean BASTAIRE

Noces vives

Poèmes

Collection Les Cahiers d'Arfuyen
n°137, ISBN 2845900147

11,5 €

De Jean Bastaire, les éditions Arfuyen ont déjà publié deux ouvrages : un recueil de « paroles reçues », Psaumes de la nuit et de l’aurore, en 1996 et un livre d’aphorismes, Passage par l’abîme, en 1998. 

Noces vives ne ressemble à aucun des deux : il s’agit cette fois d’un ensemble de poèmes, d’une écriture forte et dense, consacré à la mort de l’être aimé. « Hélène est passée en Dieu il y a neuf ans. Depuis nous ne nous quittons plus. Aucune distance, aucune ombre, aucune absence. Une communion sans faille. D’où cette action de grâce. » C’est sur cette phrase étrange que s’ouvre le nouveau livre de Jean Bastaire.

On sait que nombre des livres qu’a publiés Bastaire ces dernières années (en particulier tous ceux concernant le thème de l’« écologie chrétienne ») sont signés de « Hélène et Jean Bastaire », bien qu’ils aient été rédigés par lui seul.

Ces poèmes témoignent autrement de la présence de sa femme par-delà la mort : « On me dit que tu es morte / je me ris de cette affirmation / bien sûr que tu es morte et que m’importe / ta vie n’est pas touchée par le néant ».

Une joie merveilleuse les habite : un sentiment de certitude et de lumière que les mots parviennent à communiquer avec une rare efficacité : « Fini le temps /des mutismes sourds / quand tu souffrais / et je n’y pouvais rien // Isolement atroce /où j’étais là / voulant te soulager /n’offrant que mon absence / (…) Aujourd’hui rien n’est clos / ta présence m’enveloppe / comme la caresse /d’une éternelle main ». 

Il ne s’agit plus ici d’une simple consolation, mais d’une véritable « action de grâces » : gratitude et louange pour la proximité maintenue, mais aussi pour la leçon donnée : « Ainsi tu te fais proche / quand tu m’invites à me quitter / tu prends la place que j’abandonne / quand je te laisse ma liberté ».

Un tel livre plonge avec une folle audace dans le mystère de la mort et la souffrance de la perte de la personne aimée, et en fait reparaître intacte, lumineuse la joie de l’espérance chrétienne.