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Gabriel NISSIM

(1935)

Né en 1935 à Florence, en Italie, Gabriel Nissim est entré en 1954 dans l’Ordre des dominicains et y a été ordonné prêtre en 1962. Il est titulaire d’une licence en philosophie, d’une maîtrise en théologie (Facultés du Saulchoir), du diplôme de l’Institut Supérieur de Pastorale catéchétique (Paris) et d’un doctorat sur les langues africaines (EHESS, Paris).

Il vit durant sept ans au Cameroun, où il se consacre à la catéchèse des adolescents, à des émissions de radio et à l’enseignement d’une langue africaine à l’Université de Yaoundé.

Revenu en France, il est de 1976 à 1983 maître des novices de la Province de France des Dominicains. Parallèlement, il est chercheur au Laboratoire des Langues et Civilisations à tradition orale (CNRS).

De 1984 à 1991, il est membre puis producteur responsable de l’émission catholique française de télévision, Le Jour du Seigneur, et président de l’Association des producteurs religieux.

En 1992, il participe à la fondation de l’Association Spiritualités Cultures et Société en Europe (ESPACES), où les Dominicains œuvrent à la dimension spirituelle de l’Europe.

Il est depuis 1995 représentant de l’Association Catholique Mondiale pour la Communication (SIGNIS) auprès du Conseil de l’Europe et a publié à ce titre plusieurs textes sur les médias, notamment Médias pour une culture de Paix. Il est expert auprès du Comité épiscopal européen pour les Médias (CEEM).

En 2004, il œuvre à la création de l’Association Démocratie, Construction Européenne et Religions (DECERE), association à vocation européenne commune au diocèse de Strasbourg et à l’Ordre des dominicains.

Il est également depuis 2004 président de la Commission Droits de l’Homme de la Conférence des organisations internationales non gouvernementales (OING) jouissant du statut participatif auprès du Conseil de l’Europe.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Un Ami vient à nous

REVUE DE PRESSE

Un Ami vient à nous
La Lettre de Ligugé (01/01/2010), par Lucien-Jean Bord

 Dans l’avant-propos de ce recueil de certains des sermons qu’il a prononcé en la cathédrale de Strasbourg, le P. Nissim nous invite à ne pas considérer ce livre comme devant être lu d’une traite mais, plutôt, comme un compagnon auquel ou revient lorsqu’on a besoin de dialoguer avec un ami.
 Pour lui, l’homilétique est avant tout le lieu où permettre une rencontre entre notre vie et la Parole et c’est pour cela que la bible est prégnante dans l’ensemble de ces textes, souvent brefs et parfois incisifs, qui posent des questions, c’est-à-dire qui nous obligent à nous poser ces questions lors de notre confrontation avec la Parole.
 Tel est, à ce qu’il nous semble, le véritable objet du sermon ; non pas raconter (ou pire se raconter) mais bien obliger à ne pas recevoir la Parole proclamée d’une oreille distraite ou désabusée.

Un Ami vient à nous
DNA Dernières Nouvelles d’Alsace (20/12/1999), par Jacques Fortier

 L’Évangile est la source où puise Gabriel Nissim, dans les sermons qu’a regroupés l’éditeur Arfuyen dans Un Ami vient à nous. Dominicain (donc « frère prêcheur »), spécialiste des médias, président de la commission Droits de l’homme des organisations non-gouvernementales auprès du Conseil de l’Europe, Gabriel Nissim fait partie des voix qui se relaient à la cathédrale de Strasbourg pour l’homélie, ce temps de la messe où un prêtre commente les lectures du jour, et notamment le passage d’Évangile.
 Ces vingt-trois sermons de belle eau, aujourd’hui imprimés, malgré là diversité des textes de référence et des temps de l’année liturgique, parlent tous, au fond, de la même chose : la rencontre « cœur à cœur avec Dieu », celui qui « aime sans compter ». Et, dit Nissim, celui qui nous invite à cette tendresse.

Un Ami vient à nous
Carrefour d’Alsace (01/01/2010), par Anne Gentil

 Le sermon a mauvaise presse... « Tu ne vas pas encore me faire un sermon ! », disons-nous couramment... Gabriel Nissim nous donne pourtant envie d’en écouter. Ceux qui ont été rassemblés dans ce petit livre des Carnets spirituels édités par Arfuyen ont été prononcés au cours de liturgies dominicales en la cathédrale de Strasbourg.
 À travers eux, on pourrait résumer la vie chrétienne à l’histoire d’une amitié. Amitié délicate entre Dieu et nous, si nous voulons nous en approcher. Avec beaucoup de tendresse, l’auteur brosse des tableaux de cette amitié dont nous parle la Bible, émaillés de son expérience pastorale à travers le monde, de belles rencontres de témoins de la foi, de ses lectures aussi. Des pages riches de sens qui parlent au cœur, nous rejoignent là où nous sommes et invitent à aller plus loin.

Un Ami vient à nous
Feu et Lumière (01/01/2010), par Bernard Perroy

 Un livre à picorer, présent à nos côtés « comme un compagnon de route, disponible au gré du désir » selon les mots mêmes de l’auteur, dominicain.
 Ces homélies, prononcées à la cathédrale de Strasbourg, permettent vraiment aux textes bibliques de nous parler.
 Un très bel ouvrage pour ceux qui veulent accueillir et vivre de la Parole de Celui qui vient à notre rencontre et nous aime...

Une pastorale de l’amour
Élan (12/01/2009), par Jean-Paul Sorg

 Coup de cœur de l’éditeur ? Gérard Pfister avait publié en 2008, dans sa collection « Les Carnets spirituels », deux recueils de sermons de Geiler de Kaysersberg, qui prêcha dans la cathédrale de Strasbourg de 1485 à 1510, et antérieurement, il y a plus de vingt ans, il avait déjà édité Dieu caché, un recueil du dominicain strasbourgeois Jean Tauler, mort en 1361. Audace et fidélité spirituelle : dans la même ligne (dont on sera tenté de faire une lignée ?), il vient de publier une série de sermons d’un frère prêcheur contemporain, Gabriel Nissim, un dominicain comme Tauler, et le titre choisi par l’auteur, Un Ami vient à nous, souffle, dirait-on, vers l’illustre Geiler et au-delà vers les « Amis de Dieu », ce groupe de religieux fervents auxquels appartenait son prédécesseur du XIV° siècle.
 C’est sous ce nom d’ailleurs, Amis de Dieu, que l’on présente généralement l’œuvre laissée par Tauler (quelque 83 sermons authentifiés) ; c’est sous le signe de l’amitié (des hommes avec Dieu et de Dieu pour les hommes) que se profile d’un bout à l’autre la religion chrétienne ainsi conçue, ainsi fondée par le Verbe.
 On a bien l’impression d’une filiation en lisant Un Ami vient à nous, on y perçoit une tonalité toute taulérienne : simplicité fraternelle, cordialité spontanée, modestie sincère, bienveillance, respect de l’autre dans sa faiblesse, ses difficultés, son humanité ordinaire, souci primordial de réconforter, d’insuffler la confiance, de diffuser l’amour qui vient de Dieu et qui est la seule puissance de Dieu.
Mais sous la même limpidité d’un discours familier, qui imite la conversation, Tauler, disciple direct de Maître Eckhart, est beau¬coup plus spéculatif et profond, plus imagé, allégorique, et abrupt par endroits. Il avait des auditeurs (prêtres séculiers, béguines, moniales) enga¬gés dans une vie spirituelle exigeante, rompus à la pensée métaphy-sique, exercés à l’intelligence mystique. Quels sont les auditeurs de Gabriel Nissim à la cathédrale, de dimanche à dimanche ? Il s’adresse à des gens spirituellement simples, nos contemporains, qui lisent plutôt des magazines de psychologie et d’économie que des ouvrages de philosophie ou de théologie. Des gens de bon cœur et de bonne volonté, que la vie, familiale et sociale, a souvent blessés, ils ont des problèmes d’argent, d’emploi, ils cherchent du réconfort. À eux le prédicateur ne se lasse pas de répéter qu’ils sont des « enfants de Dieu », il leur donne l’assurance (la foi) que Dieu les aime. « Ce que Dieu a donné à ses enfants, c’est définitif, c’est sans retour : Dieu nous a donné la vie, Dieu nous a donné sa vie, Dieu nous a donné son amour. Il ne nous les reprendra jamais. »
 Nous avons donc tellement besoin d’être aimés et de nous savoir aimés – et si ce n’est pas de nos proches, peut-être de notre conjoint même, peut-être de notre voisin ou de notre chef de bureau, soyons sûrs que nous le sommes de Dieu, soyons ainsi consolés, soyons confiants, devenons ainsi capables de nous aimer nous-mêmes, de nouveau, pour mieux pouvoir aimer autrui. Le christianisme vaut bien une psychanalyse, il vaut même plus, car il est la meilleure école d’amour, d’optimisme et d’espérance. Cette religion est enseignée aujourd’hui de plus en plus comme une espèce de psychothérapie, de psychagogie...
 « Chaque être humain entretient avec Dieu, avec le Christ, une relation unique et directe. » Relevons ici, comme nous le pourrions ailleurs, mais sans insister, le glissement discret, quasi mécanique, entre Dieu et le Christ, le Christ et Jésus, l’un dans l’autre, comme s’il s’agissait d’une évidence qui ne demande aucun questionnement, un questionnement qui ne pourrait être que métaphysique, trop ardu aujourd’hui ? L’amour se sent, se vit, ne se pense pas.
Les sermons ou homélies de frère Gabriel relèvent entièrement, parfaitement, d’une pastorale de l’amour et celle-ci ne lui est pas propre, elle semble bien être générale, appartenir à l’esprit du temps ; elle est en vogue, si l’on ose dire, aussi bien chez les catholiques que chez divers protestants. Elle est la seule audible, on ne pourrait plus, et on ne veut pas, entendre une « pastorale de la peur », voire de la terreur (comme Jean Delumeau caractérisait celle de la fin du Moyen Âge et se prolongeant jusqu’au XVIII° siècle, « en Occident »). C’est heureux, bien sûr, si l’amour triomphe. Heureuse libération. Heureuse évolution. L’amour est ce qui reste de meilleur, de plus vivant, aux églises.
 Néanmoins, quelque chose (?) me dit que le christianisme ne saurait longtemps s’en tenir là et s’en satisfaire. Impression (personnelle ?) qu’il s’y amollit et s’y endort. Mais quelle autre pastorale pour aujourd’hui, pour demain ? Peut-être autre chose qu’une pastorale ? Nous ne sommes pas des brebis. Peut-être même, hérésie, une autre parole que toujours « la bonne parole »  ? Réentendre le ton autoritaire, impérieux de Jésus : « Toi, suis-moi ! » Un Ami ? Un Maître. De vie. De combat. Gabriel Nissim, né en 1935 à Florence, est un homme de combat, de mission, de communication. Ordonné prêtre en 1962, il a vécu sept ans au Cameroun, où il a organisé des émissions de radio et un enseignement des langues africaines à l’université de Yaoundé. Revenu en France, il a été chercheur au Laboratoire des langues et civilisations à tradition orale (CNRS). Depuis une vingtaine d’années, à Strasbourg, il est très impliqué dans des recherches (à la fois historiques et prospectives) sur la place des religions et des spiritualités dans la culture européenne et il fait aussi partie de l’équipe des prédicateurs de la cathédrale. Les dates des 23 sermons retenus dans ce recueil vont de 2002 à 2007.