Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Nicolas de Cues

 Venant après ses grands ouvrages Sur la docte ignorance, Des Conjectures et De concordantio catholica, le De filiatione Dei, achevé en juillet 1445, constitue un tournant dans l’œuvre du futur cardinal Cusanus en ce sens qu’il substitue au traité une sorte de plaidoyer où il expose une voie de compréhension de la filiation divine.
 On retrouve la problématique qu’il avait déjà esquissée dans son sermon du Verbe fait chair prononcé à Noël 1431. Autour du fiat de Marie — qui constitue le point miroir entre la proposition divine et l’assimilation humaine — vont se développer conjointement deux thèmes dans la pensée du théologien de Cues : d’une part la divinisation de l’homme et d’autre part une réflexion sur la trinité. Les deux chemins d’approche se rejoignent dans ce lien de la filiation qui permet à la fois le Un et préserve l’identité des Personnes.
 La très bonne traduction de Jean Devriendt, accompagnée de notes érudites et éclairantes, permet de découvrir un peu plus la « modernité » de Nicolas de Cues que l’on a redécouvert il y a peu comme philosophe et qui fut aussi un grand théologien en des temps où les deux disciplines n’étaient pas séparées mais complémentaires.