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NICHIREN

(1222 - 1282)

Nichiren est né en 1222, dans le village de Kominato, sur les rives de l’océan Pacifique. Ses parents lui donnent le nom de Zennichi Maro. Son père était pêcheur. Il gardera également toute sa vie une forte sensibilité aux beautés de la nature, ainsi qu’une grande facilité de communication avec le petit peuple.

Quand il a 11 ans, son père le confie à Dozen, le supérieur d’un monastère proche, d’obédience Tendaï à l’origine et qui s’était ouvert aux influences du shingon, puis de l’amidisme. Le novice manifeste un zèle religieux qui le fait remarquer par ses instructeurs. A 15 ans, il reçoit l’ordination. Mais il traverse une crise spirituelle aiguë, car il ne trouve pas dans l’enseignement qui lui est prodigué les réponses aux questions fondamentales qui l’assaillent.

A 17 ans, le maître Dozen l’autorise à se rendre dans la grande ville de Kamakura, siège du gouvernement militaire. Il y restera quatre ans pour étudier les nouvelles écoles du bouddhisme : l’amidisme et le zen. Il revient à son monastère avant de repartir étudier les enseignements du Tendaï au mont Hiei, centre prestigieux où subsistaient les traditions de cette école.

Durant dix ans, il étudie avec acharnement et se rend dans les centres d’enseignement du bouddhisme, notamment dans les régions de Kyoto et de Nara. Il déplore l’état du monde religieux de son époque, la diversité des interprétations et le manque d’unité du courant bouddhique. Il fait le vœu de devenir le Bouddha pour restaurer le vrai bouddhisme et dégage des doctrines du Tendaï la prééminence absolue du Sutra du lotus sur les autres enseignements.
Après plus de quinze ans d’études et de pérégrinations, Nichiren décide de revenir à son point de départ pour révéler le contenu de son éveil. Vu la dégradation du monde religieux, il en redoute les conséquences : « Je le sais. Si je ne le dis pas, cette vie sera sans difficulté, mais dans la vie prochaine je serai infailliblement voué à l’enfer sans rémission. Si je le dis, trois obstacles et quatre démons surgiront à l’envie. Dans cette alternative, je dois parler » (Traité qui ouvre les yeux).

A l’aube du 28e jour du quatrième mois de la cinquième année de l’ère Kencho (1253), d’une hauteur face à l’océan, il proclame Namu Myohorenguékyo, puis se rend au monastère où un auditoire de moines, de notables et de paysans, attend son prêche et le récit de ses voyages. Il leur exprime alors la suprématie du Sutra du Lotus, puis s’en prend avec véhémence aux écoles existantes du bouddhisme.
Il prend le nom de Nichiren (« Soleil-Lotus ») et ses parents sont les premiers à se convertir à la nouvelle école. Obligé de fuir, il se rend à Kamakura. Là, il continue de dénoncer les voies dans lesquelles le bouddhisme s’est égaré. Les premiers disciples le rejoignent.

En 1256, Kamakura est frappée par un typhon suivi d’un raz de marée. Les épidémies se multiplient et la famine s’abat sur le pays. L’année suivante, la capitale est la proie d’un tremblement de terre. Nichiren voit dans ces désastres la rétribution de l’opposition au Sutra du lotus. 

Il rédige alors les traités qui deviendront les fondements doctrinaux de la nouvelle école. Il maîtrise et revivifie les doctrines originelles de l’école Tiantai. Il fait remettre à l’ancien régent du shogunat le Traité sur la pacification du pays et l’établissement de l’orthodoxie où il appelle les dirigeants laïcs et religieux à se convertir au Lotus pour le salut du pays. Un mois plus tard, une bande de zélateurs de l’amidisme attaque sa chaumière et y met le feu. 

En 1261, à l’instigation de prêtres amidistes, il est condamné à l’exil. Gracié deux ans plus tard, il revient à Kamakura où le nombre de ses disciples a sensiblement augmenté. Il retourne dans son village natal pour guérir sa mère malade. Le seigneur de la région rassemble une troupe d’hommes armés et l’attaque. Nichiren qui est lui-même blessé. Durant les quatre années qui suivent, Nichiren écrit et voyage.

En 1268, de retour à Kamakura, face à la menace de l’invasion mongole, il envoie onze lettres à des officiels et des prêtres de haut rang pour les engager de se rendre aux arguments exposés huit ans plus tôt dans le Traité sur la pacification du pays et l’établissement de l’orthodoxie. 

En 1271 il est arrêté et condamné à mort par décapitation. Sur la plage de l’exécution, l’apparition d’un corps céleste lumineux aveugle le bourreau au moment fatidique et terrorise la foule. On décide de l’exiler sur l’île de Sado, dans la mer du Japon, afin que l’hiver rigoureux ait raison de lui.

Nichiren a 49 ans. Abandonné dans un cimetière de Sado, il survit difficilement mais réussit à gagner à sa cause de nouveaux fidèles. Il rédige les traités fondamentaux de son école. 

En février 1274, le régent révoque l’édit de bannissement. Les autorités craignent toujours la menace de l’invasion mongole et convoquent Nichiren qui, interrogé sur cette éventualité, leur adresse une troisième et dernière remontrance. Celle-ci reste sans effet comme les précédentes.

Il rédige de nombreux traités où s’affirme l’importance du honzon dans la pratique de son bouddhisme et délivre, par des cours que ses disciples consignent, sa vision détaillée du Sutra du lotus. 

Fin 1282, ses disciples l’incitent à quitter sa retraite du mont Minobu pour se rendre aux sources chaudes d’Hitachi. La santé de Nichiren s’est considérablement affaiblie. Epuisé, il doit s’arrêter en cours de route. Il dispense à nouveau l’enseignement contenu dans le Traité sur la pacification du pays et l’établissement de l’orthodoxie, et nomme six principaux moines, à qui il remet les destinées de l’école. Il s’éteint paisiblement le matin du treizième jour du dixième mois de la cinquième année de l’ère Koan.

OUVRAGES PUBLIÉS AUX ÉDITIONS ARFUYEN

Devenir le Bouddha

PETITE ANTHOLOGIE

Devenir le Bouddha
traduit par Dominique Galopin et Alain gouvret
(extraits)


Un petit miroir devient un joyau lorsqu’on le polit.

Actuellement, le coeur égaré dans l’obscurité d’Une pensée est comme un miroir terni. Pour peu qu’on le polisse, il devient infailliblement le clair miroir de l’apparence véridique de la nature du dharma.

Concevez une conviction profonde et polissez le miroir sans négligence, jour et nuit, matin et midi.

Et comment doit-on polir ? Seul réciter Namu Myohorenguékyo doit être appelé « polir ».

Quel est alors le sens de myo  ? Seul est appelé merveilleux cela d’inconcevable qui est le coeur de notre Une pensée. Inconcevable signifie que ni l’esprit, ni les mots, ne peuvent l’atteindre.

Autrement dit, si l’on tente d’appréhender le coeur d’Une pensée là où il se révèle et que l’on affirme « cela existe », on ne trouve pourtant ni couleur, ni forme. Et si l’on dit « cela n’existe pas » , de façon ou d’autre il se révèle au coeur.

Le cœur d’Une pensée ne doit pas être défini en termes d’être, ni en termes de non-être. Les deux mots « être » et « non-être » ne peuvent le désigner, pas plus que les deux concepts d’être et de non-être.

Il ne s’agit ni de l’être, ni du non-être, mais de ce qui comprend et l’un et l’autre. On donne ainsi le nom de myo à l’inconcevable corps merveilleux de la réalité unique de la voie du milieu,

Pour désigner ce coeur merveilleux, on peut également utiliser le mot de dharma. Et on nomme cette doctrine « Fleur de lotus » pour en illustrer le caractère inconcevable, par métaphore et en référence à ce que l’on connaît des choses. On l’appelle « Sutra merveilleux » lorsqu’on sait que, si un cœur est merveilleux, alors de la même façon les autres coeurs aussi sont la loi merveilleuse.

En d’autres termes, ce roi des sutra est dénommé la voie droite pour devenir le Bouddha, car il dévoile et enseigne que la substance du coeur de la pensée, qui apparaît en fonction du bien et du mal, est le corps de la loi merveilleuse.