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Neurosuite

Les Éditions Arfuyen ont publié dans leur collection des textes italiens Neurosuite, de Margherita Guidacci, écrit dix ans avant la merveille du Retable d’Issenheim déjà évoqué dans nos colonnes. Margherita Guidacci est née à Florence en 1921, elle enseigne actuellement dans un institut universitaire. 

Neurosuite témoigne du traitement psychiatrique dont la réalité ne manquait pas d’être terrifiante dans les années 60 (et l’on parle aussi bien de la France). Mais ces poèmes témoignent également de l’effroyable et quasi intraduisible souffrance de ceux qui, mystérieusement, se débattent soudain « dans la nuit comme un mourant ».<

« Qui suis-je, moi, et où ? » ; « il devait y avoir autre chose : quoi d’autre ? » ; « Si je réussis à tenir la tête immobile sur l’oreiller, un mur grandit peu à peu autour de moi et me protège. Mais que je bouge, aussitôt tout est renversé »  ; « Tu ne sais rien, ne peux rien te rappeler, égarée qui presses les mains sur tes tempes : le vide au-dedans et la trace des électrodes »  ; (les électrochocs étaient censés « faire oublier » ce qui tourmentait) ; « Mais où tu es, il n’est pas de porte et nulle porte ne s’ouvrira. Et il n’est pas de mur : aucun mur ne sera abattu »  ; « Quand le pire est arrivé, se forme un grand silence » (Quando è accaduto il peggio si forma un grande silenzio).