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Margherita Guidacci, poète de l’universel

 Au terme d’une manifestation de trois jours qui fut un brillant hommage à la poésie et à la littérature en général, le prix littéraire « Casa Hirta » a été remis, samedi dernier, à Margherita Guidacci, l’un des rares poètes italiens contemporains d’envergure internationale. Ce prix, qui connaît, aujourd’hui sa XIII° édition, est décerné tous les deux ans à Caserte à un auteur particulièrement représentatif de la littérature italienne de ces dernières décennies.
 Poète et croyante, poète de l’universel, Margherita Guidacci le fut dès ses premiers recueils (Poésie, 1965 ; Neurosuite, 1970) où le sentiment religieux se révélait déjà inséparable de la lecture du monde. Mais sa poésie n’est pas une fade prière ; jamais les valeurs éternelles de la religion ne viennent occulter une conscience aiguë et douloureuse des problè¬mes de notre temps.
 Aucun lyrisme pour traduire les drames et les angoisses qui alimentent ses vers mais une langue dépouillée et rigoureuse, qui ne sacrifie rien à la construction musicale ou au jeu verbal. Marquée par la littérature anglo-saxonne qu’elle enseigne depuis vingt ans à l’Université de Rome, Margherita Guidacci use d’un style sec et contrôlé qui privilégie l’articulation et la structure du poème.
 Soucieuse de donner aux mots leur sens le plus simple, elle ne s’abandonne pas à la dérive du verbe ou à la violence des images. Cette poésie narrative et descriptive se prête plus que toute autre à la traduction et reste parfaitement lisible en français comme en témoigne son dernier recueil, Le retable d’Issenheim dans sa version traduite de l’italien par Gérard Pfister et publié aux éditions Arfuyen.