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Margherita Guidacci

 Professeur de littérature anglaise, elle a entrepris avec Neurosuite une revisitation de l’Enfer de Dante. L’Enfer, n’est pas dévolu à l’autre mais au même, à soi-même. C’est dans les rets de la dépression qu’elle nous entraîne. Précise, descriptive, sa langue nerveuse a su se souvenir de la grande poésie métaphysique anglaise et tout particulièrement de celle de John Donne. D’une stridence rare, ses images sont tout à la fois d’une cruauté féroce et empreinte de compassion affligée. Le mouvement dramatique intense de cette poésie s’est également confronté au fameux retable d’Issenheim de Grünewald, décrit panneau après panneau avec une force expressive prodigieuse. Macération, tourment intérieur et vision métaphysique du monde distinguent cette poésie exigeante.

Le retable d’Issenheim. Arfuyen, 1987
Neurosuite. Arfuyen, 1989

 Au docteur Z

 Scrutant notre planète lointaine
 de ton grossier télescope,
 tu nous prodigues tes bienveillants conseils : 
 « Vous êtes en mer, sauvez-vous à la nage ! » 
 Sans comprendre
 que la mer que tu vois de cette distance 
 est un désert onduleux de lave 
 refroidie sur nous comme sur les morts 
 du Vésuve autrefois.
 Et tu insistes : « Pourquoi restez-vous immobiles » 
 Quelques brasses et le rivage est proche ! » 
 Apprendrais-tu à voler
 à un papillon emmuré 
 dans des siècles d’ambre ?