Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Marcel Weinum et la Main Noire

 Si l’histoire de la Rosé blanche est connue et fait honneur à la Résistance allemande,
beaucoup moins connue est l’histoire de la Main noire, mouvement pourtant très parallèle, et qui fait honneur à la Résistance alsacienne.
 Qui a déjà entendu parler de cet adolescent de 16 ans, Marcel Weinum, né à Brumath, au nord de Strasbourg, et qui, dès septembre 1940, convainc une trentaine de jeunes garçons de ses connaissances de se regrouper dans une organisation clandestine de résistance pour combattre à la fois pour la France et contre l’Allemagne nazie ? Il le fit au nom de sa foi. Il fut décapité à Stuttgart, le 14 avril 1942. Le réseau qu’il avait créé, la Main noire, s’était donné pour tâche de dénoncer, par des graffitis, des tracts, des écrits et des actes de sabotage, la mainmise allemande sur l’Alsace. Ils utili-sèrent des grenades à mains dérobées au Fort Hoche. Marcel Weinum est arrêté le 21 mai 1941, avec l’un de ses camarades lors-qu’ils tentent de gagner Baie pour alerter le consulat britannique de Suisse ; et en juillet, ce sont vingt-six jeunes qui sont arrêtés. Marcel Weinum et neuf de ses compagnons comparaissent entre le 27 et le 31 mars 1942 devant le Tribunal spécial de Strasbourg : Marcel prend sur lui toute la responsabilité de la Main noire ; il est condamné à mort et exécuté.
 Gérard Pfister, qui a fondé et dirige les éditions Arfuyen, a eu le souci de sortir cet exemple de l’ombre et de lui consacrer un ouvrage, le premier à retracer en détail l’aventure étonnante de Marcel Weinum. Il y rassemble un certain nombre de ses lettres (pp. 41-56) et des documents, nombreux, sur la Main noire (pp. 57-198). Il a demandé à Pierre Sudreau, Président de la Fondation de la Résistance, un mot d’hommage et à Alfred Grosser, une Préface. Il présente lui-même (pp. 21-24) cette « Croisade des enfants » contre le nazisme, en la mettant en parallèle avec l’histoire de la Rose blanche, et propose (pp. 25-40) une introduction sobre mais précise de Marie Brassart-Goerg qui retrace l’histoire de la Main noire et le sort réservé aux différents participants — exécution ou incorporation de force d’abord dans le RAD, le service paramilitaire de travail du Reich, ensuite dans l’armée allemande. On les remerciera de combler ainsi une lacune et de rendre hommage à ces garçons courageux, totalement conscients de leurs actes.