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Madame Acarie

 2004 fut l’année du quatrième centenaire de l’introduction du Carmel réformé de sainte Thérèse en France. Il est heureux de faire mémoire de celle qui y contribua si grandement : Madame Acarie, la future bienheureuse Marie de l’Incarnation. Le « cercle de Madame Acarie » à Paris fut un foyer du renouveau spirituel de la France au lendemain des guerres de religion. Pierre de Bérulle, le jésuite Coton, confesseur d’Henri IV, Michel de Marillac, François de Sales et tant d’autres le fréquentèrent et y parlèrent mystique et réforme.
 Il est d’autant plus saisissant de voir Madame Acarie devenue carmélite, sœur du voile blanc, ne rechercher que le silence et les travaux les plus humbles en un monastère loin de la Cour et loin des grands de l’Église. Elle se refusa pareillement à écrire, prétextant de son indignité et que tout avait été si bien dit déjà qu’il ne restait plus qu’à le vivre.
 Seul un petit opuscule d’Exercices, une quinzaine de lettres de l’épistolière prolixe et quelques prières nous sont parvenus et sont ici, pour la première fois, rassemblés en un seul ouvrage. Le style dénote une influence forte de la « tradition dionysienne et de la spiritualité rhéno-flamande » (Introduction, p. 14) en même temps que de l’esprit du Carmel. Cela nous donne la mesure de l’inculturation du Carmel en France.
 La figure de la Belle Acarie, pétrie de désir de Dieu et d’humble bon sens, a conservé son charme encore aujourd’hui, elle qui écrivait « Ayez bon courage et donnez-le aussi aux autres. Oubliez-vous et perdez-vous en Dieu. » (p. 92.)