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Levées d’empreintes

 Dès le troisième poème du recueil : « Tu ne freineras aucun souffle » s’exprime la générosité du poète, avec ce souci constant de « donner forme à la mémoire », une mémoire d’haleine vive, qui tient aussi bien de la rive que du large : « tu t’ouvriras en t’imprégnant de l’écho goutte à goutte ou de l’écume. »
 Pierre arpente une Terre des voix, il est écoute et regard, attention et présence, par le verbe on « dénoue une force », c’est « aux souffles d’agir » l’ardeur maintenue palpitante avec elle s’accroître « jusqu’à rêver d’un verger sans clôture », d’une clarté de semence, de parole,
« l’aura perpétuelle des feuillages, des fontaines », le poète se sait un passant, il lui faudra affronter sa part de ténèbres, aussi profiter de ce temps de vie accordé pour aller « au-devant du rivage » et – c’est le titre de la dernière partie du recueil – « offrir » ce bruit de source où le ciel se découvre, un papier, une graine, un fragment d’écorce, un caillou… jusqu’aux empreintes ainsi celles des oiseaux dont Pierre, dans ses écrits successifs, sait traduire la luxuriante la vibrante présence au-dessus de la vague, du sable, la mer jamais loin, printemps de parole... Offrir, accueillir, recueillir, écrire... depuis toujours le poème habite Pierre, il en est l’haleine, qui illumine, nervure…