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Les Oiseaux du lac

Les éditions Arfuyen viennent de publier, dans leur collection des textes turcs, Les oiseaux du lac de Ahmet Hachim, né à Bagdad en 1884 et mort en 1933.

La traduction est de M.E. Tataragasi et Gérard Pfister et le recueil développe, après un prélude consacré à la fragilité de la frontière entre I’apparence et la réalité, de courts poèmes (dont les derniers de Hachim) exaltant les "heures du lac", les "oiseaux du lac" et les "chemins".

Des lignes d’une ultime sensibilité, à lire en le plus grand silence intérieur et qui disent l’imperceptible cillement du mystère, parmi l’eau, le soleil, la lune, l’aurore ou le crépuscule, la présence des bêtes, le frémissement de la branche et le silence lence lui-même. Une douloureuse plénitude en naît, comme à l’unisson d’une respiration du monde où, l’homme, séjournant, n’a pouvoir de demeurer.

"Le rossignol d’eau se tait dans les bois pleins de soir, les eaux portent en elles le firmament des songes, de l’ombre les oiseaux s’en retournent aux rives d’indigo, dans leur bec une perle rouge étincelante de soleil"  ; "Les oiseaux qui, dans les eaux profondes, ont chassé les étoiles, courent aux alentours pleins d’une clarté lunaire" ; "le ciel cette nuit est comme un lac flottant dans l’air" ; "Sur l’eau, des apparences lumineuses, lasses, révèlent une approche" ; "Un étrange cri s’est propagé dans le vide alentour, tout débordant de voix fébriles et de rumeurs, les oiseaux du monde caché se sont envolés du lac". 

C’est le lever de la lune, "une langue mystérieuse qui, peu à peu, emplit l’âme"