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Les morts sont légers

 Pour son treizième ouvrage publié, ce poète né à Tunis en 1951 a choisi comme titre Le premier regard. Parce que sans doute l’acte poétique est un éternel recommencement. Traducteur émérite (et couronné comme tel en 1994 par le prix Nelly Sachs), il a fait passer dans notre langue Dylan Thomas, John Updike, Ezra Pound... A l’arc de son talent, il ajoute d’autres cordes, comme la musique, la philosophie, la psychanalyse, et la connaissance intime de Paul Celan, dont il est un compagnon d’âme.
 De son dernier recueil, nous tirons ce superbe poème (d’ores et déjà mis en musique par Jacques Castérède), où chacun reconnaîtra Alain Suied : « Les morts sont légers / Plus légers que l’air. / C’est nous qui portons / leurs poids à l’épaule. / C’est nous qui écoutons/leur vraie voix dans nos coeurs./ Les morts sont légers / plus légers que le sommeil. / Ils nous parlent en secret/dans la langue pure des galaxies. / Ils nous tirent vers le haut/tandis que l’oubli et la faiblesse/nous ramènent vers la terre. / Les morts sont légers / plus légers que le souvenir. / Ils nous parlent en secret / dans la langue oubliée des enfants. / Ils nous tirent vers l’azur / tandis que le silence du néant / nous ramène vers la vérité ».