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 HÉRACLITE D’ÉPHÈSE

Les Fragments

Traduit du grec ancien
et présenté par Simonne Jacquemard
Couverture de Janos Ber

Collection Ombre
n°5, ISBN 2845900236

16 €

« Héraclite d’Éphèse, écrit Simonne Jacquemard, que ses écrits, à dessein énigmatiques, ont fait surnommer l’Obscur, se relègue dans l’incertitude des apparences, comme s’il s’était, dès ici-bas, désincarné. (…) Il apparaît, roide statue érigée sur un socle et regardant au loin, dans l’apparat fulminant des prophètes, comme s’il était hors des normes, hors des événements historiques. Il apparaît presque sans points de repères, comme s’il était né de lui-même, sans patrie et pourrait-on dire, sans dieux. Car les siens, le Sien, ne ressemblent point à ceux de l’Olympe. » 

Entreprise audacieuse que de vouloir renouveler notre vision d’Héraclite. Le pari de Simonne Jacquemard s’appuie d’abord sur une nouvelle lecture des textes ; la traduction qu’elle nous donne, pleine de sève et de vigueur, nous restitue avec une merveilleuse clarté les fulgurances et les humeurs du philosophe d’Éphèse.

Son pari se fonde aussi sur une extraordinaire érudition et une sûre intuition qui lui permettent de reconstituer, pas à pas, l’itinéraire psychologique et spirituel de l’héritier des anciens rois d’Éphèse : ses origines, le paysage et la situation historique et économique très particulière d’Éphèse.

Plus passionnantes encore les recherches de Simonne Jacquemard sur les sources de cette pensée mystérieuse : bien plus qu’en Grèce, c’est du côté du Livre des Morts de l’Égypte ou du Dieu suprême des Perses Ahura-Mazda qu’elle les découvre. 

Comme Héraclite disait : « Je me suis moi-même mis en question », Simonne Jacquemard remet en cause l’image du savant grec et occidental pour révéler un philosophe de culture orientale : « Héraclite, demande Simonne Jacquemard, en contrôlant son souffle, espérait-il accéder, comme les Mages de Perse, à un sommeil cataleptique, pendant lequel tout temps est suspendu ? Ou encore mériter le privilège, après une concentration extrême, de quitter son corps pour le réintégrer à volonté, à l’issue d’un voyage, d’un envol dans l’Au-delà ? »

En ce Moyen-Orient où vécut Héraclite comme le Christ, les liens profonds que tissèrent Orient et Occident commencent seulement, grâce à de tels travaux, d’apparaître. Cette redécouverte sera capitale pour notre avenir.