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Les engagements d’un chrétien modèle

 La ville de Caen a organisé le 13 juin dernier la translation des restes de Jean de Bernières (1602-1659) pour rendre hommage au Chrétien intérieur dont les écrits posthumes furent un « best seller » du 17° siècle. Dominique et Murielle Tronc, fidèles collaborateurs de Gérard Pfister à la tête d’Arfuyen, ont introduit et mis en forme les textes spirituels de ce contemporain de Jeanne Guyon et de Madame Acarie.
 Laïque engagé dans la Compagnie du Saint-Sacrement de Caen, Jean de Bernières a privilégié l’engagement social auprès des plus pauvres. L’exercice d’une charité active est à ses yeux primordial. Hôpitaux, missions et couvents fleurissent dans son sillage, là où lui-même – marié et père de famille – s’impose en fin de vie une ascèse rigoureuse au pain et à F eau dans un logement plus que Spartiate.
 Jean de Bernières illustre à merveille les devoirs du parfait chrétien. Avec un groupe d’amis, il a créé l’Ermitage, un « hôpital des Incurables » pour les âmes. Humble, Jean de Bernières se contente de rassembler autour de lui les bonnes volontés. Son texte raconte avec simplicité le cheminement intérieur d’une âme qui veut sortir de sa « nuit obscure ».
 L’auteur explique un paradoxe souvent incompréhensible à nos contemporains : la quête de Dieu aussi ardue soit-elle reste le meilleur chemin de liberté pour être plus proche des hommes et de leurs souffrances. Car « il importe peu que notre cœur soit lié d’une chaîne d’or ou d’une chaîne de fer quand il n ’a plus la liberté de vaquer à Dieu. Il faut donc faire tout doucement tout ce que nous pourrons pour le service de Dieu et la charité du prochain, selon nos talents, et chacun en sa manière. » 
 
À la fin d’une vie riche de contacts et d’entraide, Jean de Bernières se retranche dans une riche solitude faite d’oraisons dont il nous décrit les bienfaits.