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Les deux nouvelles merveilles d’Arfuyen

 Sur la pointe la plus extrême de la sensibifité, les éditions viennent de publier Jours de printemps de Basho dans une traduction du japonais d’Alain Kervern. Il s’agit d’Haïku, ces petits poèmes fugurants attentifs au contour immédiat des souffles du monde, dont la force et l’évidence mystérieuses renvoient en la limpidité du silence, à ce qui nous fonde.
  Chemins de montagne, 
 une odeur de prunier, 
 et soudain le point du jour

 Nées du dégel, 
 pour mon pinceau recueillies, 
 quelques gouttes d’eau pure

  Camomilles sauvages, 
 qu’un papillon consulte, 
 ailes jointes (...)
 Par ailleurs, dans sa série Alsace, après en particulier Arp, Margherita Guidacci et Nathan Katz, Arfuyen présente L’herbe du songe (Traumkraut) d’Yvan Goll, l’auteur de Jean sans terre :
 Claude Vigée a traduit ces poèmes tracés à la hâte au seuil de la mort, et qui sont un peu -– sensibilité douloureuse exceptée – aux Haïku de Basho ce que l’obscur est à la lumière. "Voici que vient l’hiver de cette haute nuit" ; "aux hauts fourneaux de la douleur" ; "pourquoi donc le soleil bruisse-t-il plus doré, quand je ferme les yeux".
 Yvan Goll livre un ultime combat contre "les asphodèles de la peur, sur les pentes
abruptes de la nuit"
, et lance "Sud mon sud fraternel, essuie l’énigme sur mon front, fais fondre autour du solitaire les glaciers de douleur".
 
La mort qui liquéfie son sang et consomme son errance sera la réponse de la fin.