Arfuyen sur Twitter
  • Littérature
  • Spiritualité
  • Sciences humaines

Le Tout proche

 Une poésie de l’intérieur de l’âme. Nue, transparente, inspirée. L’inaccessible est le tout proche. Comme la lumière, « Où chaque feuille / Chaque chose était présente / Resplendissait d’une impassible ardeur // Et qui sans cesse nous échappait ». Dans cette lumière les créatures n’ont plus de nom. « Ton absence est plus belle / Que le jour le plus beau. » Ce rien est pure merveille, pur bonheur.
 « Je viens // Dit la beauté / Je viens à toi. » Elle brise tous les murs, et la beauté murmure : « Mon seul soleil // Est ton désir. » « Mais ton désir / Déjà connaît // Ce que veut mon désir. » Et la beauté se cache ainsi dans son obscurité. « Vois // Dit la beauté / Comme le noir // De mes lèvres / Sait épouser // La courbure de tes mots. » Qui parle ? Qui écoute ? « Tant de lumière // Jaillie d’un seul point / Plus vaste que le ciel. » « La lumière / N’est pas plus vaste que ce point. » Le ciel tout entier peut s’y engouffrer. Chaque créature connaît le secret sans le savoir. Même quand le merle fait silence, « Le chant / Ne cesse pas ».
 « Si aujourd’hui / Tu ne meurs pas // Tu vivras toujours »
. Il suffit de rester dans la danse, dans « l’élan de la grâce », le désir de l’unité. Il ne faut pas pleurer les morts : « Ils vivent / Enfin ». C’est sur nous que nous pleurons. Eux nous voient déjà « comme nous serons un jour ». Ils voient « Dans nos tristesses même / La joie ». Tout vit à jamais dans l’instant. « Nous sommes déjà morts / Déjà vivants. »
 Dans l’intimité du tout proche, dont la lumière est invisible, car elle se cache dans la lumière, vers qui tu vas. Tais-toi, dit la beauté, j’entends ton silence. Ce silence est ta parole, ta poésie.