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Le Séjour

 Cette suite de proses en huit parties, dont la première porte lejitre de l’ensemble, est un poème très singulier. Comment dire ? Le texte est profondément mystique, à l’image du détail de l’Agneau mystique de Van Eyck ornant la couverture. Mais pas seulement : philosophique, il se déstabilise dans les paradoxes (« Le séjour n’a lieu qu’en mon absence. Personne n’est là pour en jouir. Il n’est pourtant que jouissance. ») Et c’est ancré en lui que réside le sens de notre existence.
 L’auteur exprime en poésie l’intemporel débat sur l’Être. Nous percevons le plus concrètement, le plus idéalement possible, la double nature de la réalité, transcendante et immanente — immanente par sa familiarité même, comme cette exquise image d’un nid de rouges-queues désordonné à l’approche de la mère leur apportant un moucheron : « c’est une broussaille de cris d’épingles, de piaillements qui s’ébouriffent du nid . » Non seulement Jacques Goorma sait penser, mais il sait voir.