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Le repos inconnu

C’est en 2001 que Max de Carvalho rencontre Françoise Azaïs de Vergeron-Catherine-Marie de la Trinité en religion-entrée au monastère des dominicaines de Sainte-Marie-de-Prouilhe dans l’Aude en 1948. La moniale écrit des poèmes qu’une soeur de la communauté lui propose de rassembler dans une brochure présentée dans la librairie du monastère...

Max de Carvahlo en prend connaissance et invite la moniale à lui confier des textes qu’il fait paraître aux Éditions L’Arrière-Pays sous le titre lumineux Le mendiant d’infini en 2003. Très vite le tirage est épuisé et le présent recueil Le repos inconnu reprend cet ouvrage en le complétant.

Les images bouleversantes de simplicité et ruisselantes de lumière coulent dans les pages de ce recueil telle une eau vive et limpide : « Printemps de / roses en lumière, / rosée dans / l’herbe verte »... À l’instar d’un haiku, le temps est éternisé en deux ou trois vers : « Cascade au flanc de la montagne / relais de la blancheur des cimes » ou « Étang de montagne en été / sais-tu ce qu’il te manque / pour devenir torrent ? »

Le lecteur aussi bien laïc que croyant ne peut être insensible à cette voix qui traverse le silence pour se poser tel un oiseau sur les branches de la forêt de l’indicible. Max de Carvalho n’hésite pas à dire dans dans sa préface que ces textes sont « les illuminations et les commotions de l’âme face au Beau ».

Loin d’une société qui poursuit sa fuite en avant, on entre avec les poèmes de Catherine-Marie de la Trinité dans l’intimité d’ une vie contemplative où la notion de temps est abolie : « Une seule marguerite / dans la prairie, / une éclaircie / dans la forêt. » La simplicité de sa parole confine à l’épure, l’auteur s’efface derrière les mots pour nous octroyer la lumière resplendissante de son âme dépouillée de tout artifice.

C’est cette nudité de l’âme qui nous atteint et nous émeut : « Bois cette eau / vive à la coupe / de ton cœur / brisé ». Ces textes nés dans la solitude et le silence de la contemplation sont semblables à ces roses de sable que l’on ramène avec bonheur d’un périple dans le désert, ils nous désaltèrent à la source même de notre soif et dans le même temps nous apaisent.