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Le Point vif

 Ce livre m’apparaît comme un livre de quête, celui des sensations, sans doute – livre coloré, charnel, descriptif – mais surtout, à travers ce monde visuel, cet univers sensitif, qui n’est pas que l’apparence mais participe aussi de la profondeur, comme une quête de soi, une tentative d’explication du mystère. C’est la recherche de ce moment décisif, de ce point vital, de ce « point vif ».
 Ce livre, panthéiste à bien des égards, peut ouvrir à plusieurs lectures. C’est aussi, non pas le livre des regrets, mais celui d’un homme vieillissant qui dit, son attachement à la vie, aux émerveillements, aux délices de l’amour, à la beauté et qui sent l’intensité de tout cela s’atténuer, les apparences se défaire. Ce livre charnu, odorant, lumineux, est par cet éclairage de sagesse nostalgique ou de folie résignée – mais je crains de ne pas trouver les mots justes – émouvant, car il nous dit les blessures cachées d’un homme sous les somptuosités d’un verbe de fleurs et de fruits, il dévoile la tendresse persistante sous le sourire désabusé. Il ne nous dit pas l’éphémère, de toute beauté, de tout bonheur, mais que ce qui les rend intenses, précieux, uniques, ne réside que dans cette brièveté. Nous sommes là comme dans un jardin où flambent les fruits mûrs et les fleurs fauves de l’automne à l’heure pathétique entre toutes du crépuscule.