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Le pays derrière les yeux

Avec cet hymne à la nuit, développé comme une longue litanie et comportant dix-neuf poèmes numérotés, nous avons notre Novalis, suis-je tenté d’écrire, à propos de Gérard Pfister dont on connaît les accointances avec nombre de mystiques allemands qu’il a traduits.

La nuit que le poète contemple est celle de l’origine, d’où procèdent toutes choses, d’où émane au dernier chant le jour, « blessure de la nuit // ciel [...] bleu / comme le sang // de l’exacte couleur // des veines ». La course énergétique de vers réduits parfois à deux syllabes, dans les strates d’inconscient et de rêverie rencontrées (« derrière les yeux ») suscite l’éveil de nos questions sur le passé et sur le devenir.

On est conduit par des plages de doute, d’effroi, mais aussi d’étincelante félicité : « j’écoute // la Marmara / la corne d’or // les îles / des princes // et le Bosphore // toujours / c’est ton silence // ma nuit / au regard clair. »