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Le Palais d’hiver

 Les éditions Arfuyen viennent de publier, dans leur collection des textes nordiques, Le Palais d’hiver, poème en neuf mouvements de Paavo Haavikko, traduit du finnois par Mirja Bolgar et Lucie Albertini.
 C’est le quatrième cahier de cette collection, après Le Jour cède de Bo Carpelan, Le Silence du monde avant Bach de Lars Gustafsson et Pays du soir de Pär Lagrkvist.
 Quel étrange texte, que l’auteur justifie par son désir d’écrire comme on parle, qui a contribué fortement à la renommée de ce créateur, et qui raconteen une sorte de transparence ahurissante, la problématique prénatale de Haavikko !
 Chacun pressentira ou décryptera à sa guise, mais cela confère au texte une sorte de dimension tragique à échelle de mythe, dont les quelques extraits qui suivent ont force d’éclats.
" Je suis en route vers un pays qui n’est pas un lieu" ("minä olen matkalla kohti seutua joka ei oie paikka"), "je veux taire tout ce qui fait la langue"’  ; "je veux retourner là d’où je viens" ; "je donne à voir la femme qui vous regarde les yeux ailleurs" ; "tout est triste"  ; "Lorsque j’étais enfant, les hirondelles traversaient les carreaux cassés de la remise" et, dit la femme : "Je voulais en finir ! me vider ! avorter ! Lorsque je me suis vu, moi qui suis un monde, moi cassée comme les carreaux"  ; "Fais que ce poème soit habitable en hiver" :.. "Voix à habiter, maison" ; "Tout est rêve" ; "Je me déplais dans ce monde hors commerce" ; "Viens te chauffer" ; "Le ciel est ténu, il ne tient pas et l’âme se détache".