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Le Manuel du Pèlerin

 En clôture du centenaire Jean Geiler de Kaysersberg, les Éditions Arfuyen et le Rhin mystique proposent d’entendre à Strasbourg, pour la première fois en français, Le Manuel du Pèlerin.
Ce sera dans le chœur gothique de l’ancien couvent des Pénitentes de Sainte-Madeleine, où Geiler prêcha de 1490 à 1510 : en compagnie de Céline Jacob et Marie-Paule Lefebvre – vièle, flûtes à bec et percussions du Moyen-âge –, Christian Nardin, des Tréteaux de Port-Royal, s’empare d’un Manuel dont les éditions Arfuyen viennent de proposer inédite traduction dans une collection, les Carnets spirituels, qui ont accueilli déjà, de Geiler, d’originales traductions, par Christiane Koch, de La Nef des sages et de Le Civet de lièvre.
 Infortunes et félicité du pèlerinage : c’est en grand pédagogue, et dont le moyen préféré est l’humour – « un humour imagé, saugrenu et volontiers provocateur », nous rappelle l’éditeur Gérard Pfister –, que le prédicateur développe en ces sermons, pour la prédication de Carême en 1500, un thème que lui suggérait la publication, quelques mois plus tôt d’une bulle d’Alexandre VI précisant les conditions dans lesquelles pourrait, en cette année jubilaire, être obtenu le grand pardon.
 C’est l’une des œuvres majeures de Geiler, qui en publia plus d’une édition, la troisième en 1513 et en latin dans sa forme complète et achevée, sous le titre Peregrinus – c’est la version ici traduite par le chanoine Jacques Robbe, introduite par un propos de Francis Rapp. Geiler, en son style merveilleux de contestataire liberté et vigueur, y égrène et commente les vingt-cinq consignes que doit appliquer le pèlerin qui se rend à Rome pour le jubilé – y pourra peut-être trouver leçon maint pèlerin d’aujourd’hui : s’acquitter de ses dettes et mettre en ordre ses affaires familiales, se munir de bonnes chaussures usagées, avoir un petit chien, marcher lentement et manger à l’ombre, se comporter avec prudence à l’auberge et ne pas se soucier des moqueurs, etc. Avoir des conversations dignes des pèlerins.